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Les partenariats sociaux

Synthèse de l’atelier par Claire Gaudois, BDP du Val-d’Oise

publié le mercredi 13 septembre 2006

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Trois exemples de partenariat dans le domaine social nous ont été exposés. [1]

Le premier concernait l’équivalent anglais de la communauté d’agglomération de la région de Brighton. L’opération dont il s’agit se nomme Book star. Elle est pilotée au niveau national par une institution caritative de droit privé ; cette association est développée en un réseau de partenariats locaux sur l’ensemble du territoire du Royaume-Uni.

Sa traduction, dans la région de Brighton, est que chaque bébé anglais, entre 7 et 9 mois, reçoit, lors de la visite médicale obligatoire, un pack publicitaire pour inciter à la lecture. Le pack est constitué d’un sac plein de prospectus : bibliographies, set de table portant comptines, deux petits livres cartonnés... Et puis une liste des coordonnées des bibliothèques les plus proches, assortie d’une carte d’inscription à la bibliothèque et, éventuellement, d’une carte d’inscription à la piscine.

L’objectif de l’opération n’est pas seulement la prévention de l’illettrisme ; c’est aussi la facilitation de la socialisation. Et dans ce domaine, semble-t-il, les bibliothèques anglaises sont beaucoup plus inscrites dans le tissu social que ne le sont les nôtres. Comme pour ce qui vient de nous être dit de la Hollande, la transposition éventuelle du modèle nécessiterait une adaptation.

Le département de la Somme, si j’ai bien compris, va tenter une telle transposition, puisque la possibilité d’une action similaire y est étudiée, l’objectif étant de fournir des livres aux bébés.

Nous a été ensuite présentée une expérience de partenariat de 20 ans entre La Médiathèque de Valence et la Maison d’arrêt de cette même ville.

La particularité est ici la qualité de collaboration avec l’institution pénitentiaire et le contact avec l’univers carcéral. Cette collaboration demande une grande souplesse de la part de l’un des partenaires, qui n’est pas la prison.

Cette souplesse signifie acceptation de la fouille quand on va à la bibliothèque de la prison, absence d’information sur les transferts de détenus, acceptation que les services rendus passent toujours après les règles de fonctionnement de l’institution pénitentiaire.

L’exposé de la médiathèque de Valence était suivi d’une communication de Pascale Maine qui est chargée de mission régionale pour le développement culturel en milieu pénitentiaire.

Elle a détaillé devant nous les raisons pour lesquelles il faut qu’il y ait des bibliothèques en prison, et les raisons pour lesquelles cela est très compliqué. D’un point de vue pratique, Il faut surtout retenir la longueur du processus de conventionnement. Cette longueur de mise en place implique que les initiatives soient absolument faites pour durer.

En fin de séance sur ce sujet, un participant a relevé l’utilité des chargés de mission, en tout cas de quelqu’un qui puisse faire l’interface pour dénouer les logiques strictement institutionnelles et pour mobiliser les partenaires.

C’est ensuite la Médiathèque départementale du Haut-Rhin qui nous a présenté la façon dont le Conseil général travaille maintenant avec le public des personnes âgées. C’est la conjugaison d’une volonté politique inscrite dans le plan de développement de la lecture publique et de l’opportunité d’une réorganisation des services du Conseil général (qui a regroupé services sociaux et services culturels au sein d’une même direction) qui a fourni une synergie capable d’introduire une dimension culturelle dans les projets sociaux de Conseil général en direction des personnes âgées.

Cela s’est traduit par l’ouverture de lieux-bibliothèques dans les maisons de retraite, par la formation des animateurs en gérontologie, par la proposition d’expositions et d’animations.

Bien qu’il s’agisse de deux services d’une même institution, ce travail a été réellement ressenti comme un partenariat : il a fallu se connaître et se reconnaître pour travailler ensemble.

Les interventions qui sont ici résumées ont été riches et chargées en émotions. Les partenariats, dans le domaine social, font sans doute recours à des moteurs et à des motivations humaines et affectives qui mettent vraiment en jeu les personnes et les acteurs.

Les remarques pratiques tirées des cas exposés sont les suivantes :

La mise en place d’un partenariat formalisé est très longue. Il a fallu 4 ans au Conseil général du Haut-Rhin pour mettre en place ce programme.

Ce temps n’est pas seulement un temps de lourdeur administrative ou de communication difficile, c’est aussi un temps nécessaire de reconnaissance de chacun (compétences, champs d’intervention).

Une question préalable doit être posée au démarrage de chaque projet : La BDP doit-elle faire et s’impliquer directement comme partenaire, ou doit-elle plutôt mobiliser son réseau pour faire faire, pour favoriser la mise en place de partenariats à un échelon local ?

Deux remarques personnelles, pour finir :

  • Les partenariats dans le champ social sont les seuls à nous avoir été présentés par types de publics. N’est-ce pas dans ce champs-là que le partenariat met vraiment l’usager ou le destinataire du service au cœur des pratiques professionnelles ?
  • La lecture est développée non pas en soi, mais pour être mise au service des enjeux du social : on donne par exemple des livres aux bébés pour socialiser aussi les parents ; on fournit des livres au détenus pour favoriser leur réinsertion... Les enjeux sont des enjeux sociaux pour lesquels la lecture est un outil.

Notes

[1] Petite enfance : Communauté urbaine de Brighton
Prisons : Martine Villeton-Pachot, conservateur à la médiathèque publique et universitaire de Valence, et Pascale Maine, chargée du développement culturel en milieu pénitentiaire pour la Picardie au sein de l’association Cardan
Personnes âgées : Susy Rousselot, directrice, et Xavier Galaup, directeur adjoint de la BDP du Haut-Rhin
Modérateur : Hervé Roberti, directeur de la BDP de la Somme
Rapporteur : Claire Gaudois, BDP du Val-d’Oise



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