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Pratiques autour du livre et de la librairie : la fête du livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux

Joëlle Pinard , Directrice de la Médiathèque départementale de la Drôme

publié le lundi 15 août 2005

impression

Je suis désolée que Denis Bruyant ne puisse être aujourd’hui parmi nous. C’est lui l’homme-orchestre de la Fête du Livre jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Le dialogue prévu sera donc un monologue et je vous prie de bien vouloir nous en excuser.

Je devais intervenir ici au moment où il serait question de l’action de la BDP au sein de la manifestation. Je vais donc devoir lire ce qu’aurait dit Denis Bruyant, mais sans l’arrière plan de vécu qu’il aurait sans doute mis à contribution dans une communication de vive voix.

I. La BDP de la Drôme et l’offre culturelle

I- 1 Contexte général de l’animation à la Médiathèque départementale

Hasards ou nécessité, tel était le sous-titre du colloque Animation et bibliothèques organisé par la BPI en 1995.

Locomotive ou danseuse, le sous-titre des journées d’étude de l’ADBDP en 2002, L’action culturelle en BDP se place sous des auspices moins génétiques mais tout aussi aléatoires !

Nécessité et locomotive dans l’euphorie des temps fastes d’ouverture d’esprit et de moyens, hasards et wagon de queue lorsque les restrictions budgétaires cherchent à recentrer l’activité sur ce qui est réputé être le cœur de métier. Il est un questionnement moins indirect et, disons, plus chimique pour introduire le sujet dont nous allons parler maintenant : l’animation culturelle d’une BDP est-elle soluble dans l’action des autres ?

A voir l’absence de lisibilité de la Médiathèque départementale de la Drôme sur le terrain de l’action culturelle départementale, c’est en effet la question qu’on peut se poser dans un département où peu d’animations d’envergure départementale paraissent sous le label Médiathèque départementale direct...

Cependant ... oui, la Médiathèque départementale de la Drôme a bien une politique d’animation, ancrée dans le territoire. Cette politique est partenariale et se met en œuvre en réseau.

Voici rapidement évoquée l’action en propre de la Médiathèque départementale de la Drôme.

Vous le savez la Drôme a choisi une déconcentration de la lecture publique qui frôle la décentralisation avec 5 sites dont 4 médiathèques ouvertes au public.

En matière d’animation et d’action culturelle, comme pour toutes ses autres actions, la Médiathèque départementale de la Drôme agit à deux niveaux, en s’efforçant de tenir les deux bouts de la politique de lecture publique : le local et le départemental.

I- 1.1 L’animation au niveau local

  • Il s’agit d’une démarche d’offre directe, territoriale, municipale et de secteur (bassin, pays, cantons, communes...) pour faire des médiathèques un lieu de vie, de rencontres, d’échanges et de réflexions
    • en faisant découvrir au public les œuvres, les créateurs par des actions culturelles.
    • en intégrant les médiathèques dans la politique culturelle des collectivités locales.
    • en travaillant avec les partenaires éducatifs, culturels, sociaux, politiques...
  • et pour contribuer à
    • fidéliser le public " traditionnel" des médiathèques par une offre d’animation et d’action culturelle.
    • conquérir de nouveaux publics par un esprit d’ouverture.

Dans cet objectif, il s’agit, pour les bibliothèques tête de réseau, que sont les médiathèques départementales de pays d’offrir des animations in situ et d’étendre l’animation aux bibliothèques communales voisines de manière à ce que les habitants des communes de faible population puisse bénéficier du travail accompli.

C’est dire qu’on cherche à optimiser le travail investi en un lieu, à partir du support logistique fort qu’est la Médiathèque départementale implantée dans la ville centre pour étendre l’offre aux membres du réseau moins favorisés et assurer le soutien à l’animation de pays.

Je ne décline pas le cortège d’animations qui sont réalisées dans les médiathèques chaque année : expositions temporaires de photographies, tableaux, sculptures, livres d’artistes, concerts, lectures, petites formes théâtrales, ateliers divers, conférences, débats, dédicaces, rencontres d’auteurs, et autres accueils de classes, séances de contes, spectacles pour enfants...

Rien de nouveau sous le soleil d’une bibliothèque municipale traditionnelle : ça marche et ça sert

  • à installer la médiathèque dans son environnement, à la faire reconnaître par bon nombre de partenaires politiques, sociaux, éducatifs et culturels...
  • à diversifier le public et à favoriser la cohabitation des publics : publics pluriels, objectifs pluriels, actions variées qui nécessitent parfois de conjuguer le culturel et le socioculturel.
  • à accroître l’impact de la médiathèque sur la population et en faire un lieu ouvert dans une perspective d’animation des collections et de rencontre des œuvres et des publics.

Dans ces perspectives, nous sommes allés d’une politique d’occupation des sols pour donner à la salle polyvalente présente dans chacune des médiathèques (60 à 80 m2) une forte légitimation culturelle -on craignait une occupation sauvage déconnectée de tout lien avec la bibliothèque (sauf dans le travail supplémentaire à accomplir), tant les espaces dans les communes rurales sont convoités-, en passant par une politique de la concession (d’emplacements et de locaux clé en main) à des associations qui proposaient des actions en phase avec les objectifs de la médiathèque, à un partenariat dans lequel les bibliothécaires deviennent force de proposition.

I 1.2 L’animation au niveau départemental : une démarche d’ingénierie et d’expertise départementale

Dans cet objectif, il s’agit d’accompagner les bibliothèques communales dans leur effort d’animation par la proposition de formations et de supports d’animation itinérants et par le soutien à la conception et à la présentation des dossiers de demande de subvention.

Une politique d’animation intégrée avec la boîte à outils (d’animation itinérantes), la formation des bibliothécaires à l’animation :

  • présentation des boîtes à outils avec mise en scène, étude du contenu et exemple d’animations possibles.
  • organisation d’un stage action pour apprendre à accueillir un écrivain.

Une démarche de conseil pour le montage des dossiers d’animation soumis au service départemental des interventions culturelles pour les demandes de subvention :

  • conseil pour l’organisation, le choix des intervenants, les publics à cibler,
  • conseil pour la rédaction et la présentation des dossiers de demandes de subvention à la DRAC ou au Conseil général.

La plupart des BDP pratiquent ces dispositifs et rendent ces services et ce n’est pas le strict objet de notre intervention d’aujourd’hui, mais il fallait resituer le cadre général de notre action.

Notre véritable sujet est plutôt d’évoquer le rôle partenarial moteur que nous pouvons jouer avec les acteurs locaux... ou comment profiter des compétences des uns et des autres.

I- 2 La place et le rôle de la BDP dans l’offre culturelle drômoise

Il se passe toujours quelque chose ou... longtemps j’ai laissé les autres animer...

L’environnement culturel drômois est relativement riche :

  • quelques festivals de musique : Bach à Saint-Donat avec Marie Claire Allain, Jazz vocal à Crest, Musiques méditerranéennes à Nyons, Saou chante Mozart, ...
  • 5 SMAC (scènes du musiques actuelles)
  • 1 scène nationale de théâtre, 5 compagnies professionnelles et 20 compagnies amateures
  • 1 scène nationale de cinéma et 7 salles dans des villes de moins de 8000 habitants des projections rurales fédérées par deux associations les Écrans de la Drôme et la FOL
  • des programmations départementales d’institutions comme l’ADDIM avec sonates d’automne, musiques d’hiver, jeunes pousses ...
  • 1 CCSTI (centre culturel scientifique, technique et industriel)
  • une dizaine de manifestations plus centrées sur les arts plastiques et la littérature :
    • Du soleil sur la page : salon du livre de petite édition
    • Festival de la nouvelle bande dessinée à Bourg les Valence
    • Salon de l’édition régionale
    • La cambuse du noir
    • Les cafés littéraires de Montélimar
    • Festival de la correspondance à Grignan
    • Festival est ouest et salon du livre de la littérature d’Europe centrale et orientale
    • Contes et rencontres au pays de l’olive dans les Baronnies
    • La neuvaine du conte à Bourdeaux
    • Fête du livre de jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux

Quelle place peut prendre la BDP au sein de toutes ces offres ?

Le choix a été de ne rien entreprendre en direct mais d’accompagner en fonction des moyens du bord, en fonction des relations que la Médiathèque entretient avec chacun des partenaires, en fonction de ce que demandent les organisateurs et de la qualité de la manifestation.

Il s’agit plus d’une politique de mise en valeur et d’amplification à partir de nos propres objectifs que d’actions particulières.
Dans de nombreux cas, l’action d’animation est liée à une action de formation des bibliothécaires bénévoles ou professionnels.
C’est en effet une manière d’optimiser l’investissement en temps de travail, en connaissances, en coût financier que de lier ces deux aspects.

Si l’animation en bibliothèque n’a de sens qu’en tant qu’acte de médiation, la BDP en tant que service instructeur et expert du Conseil général en termes de manifestation littéraire, musicale et d’animation culturelle (en partenariat avec d’autres instances : patrimoine, musique, archives...) a un rôle à jouer pour valoriser ses partenaires locaux, faire monter en puissance et en qualité les actions menées et chercher à rentabiliser un maximum par rapport à son public.

C’est ce que nous allons essayer de vous présenter à partir de l’exemple de La fête du livre de jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux qui prépare sa 19e édition pour 2003

II. la fête du livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux

II- 1 Présentation générale

Née en 1985, la Fête du livre de jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux est devenue, au fil des années, un événement culturel important, et ceci autant pour la Ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux, pour le département de la Drôme, qu’à l’échelle de la région Rhône-Alpes.

Située en zone rurale, dans une ville de 7500 habitants et en dehors des périodes estivales, cette manifestation a su s’imposer auprès des différents publics pour devenir, au cours des ans, un passage obligé de l’expression de la littérature de jeunesse en France.

Chaque année, depuis 18 ans bientôt, le projet culturel qui définit la Fête du livre est centré autour d’un thème. Les axes développés sont nés de l’écoute des publics et tentent de répondre aux questions et interrogations de chacun, en termes d’éducation des adultes, d’outils aux professionnels et d’ouverture d’esprit pour les jeunes. Ateliers, animations et rencontres avec les scolaires, journées de formation des médiateurs du livre (enseignants, bibliothécaires, documentalistes, libraires, professionnels de la petite enfance,...), conférences, tables rondes, portraits d’auteurs, expositions, spectacles sont au programme pendant les 7 jours de la Fête du livre de jeunesse. Reconnue dans le milieu professionnel de la chaîne du livre, par les médias régionaux et nationaux (Le Monde des livres notamment), la manifestation touche la très grande région puisque son influence sur les régions PACA et Languedoc-Roussillon est avérée depuis plusieurs années.

II- 2 Définition de la Fête du livre de jeunesse en termes de projets

II- 2.1 Projet artistique

La Fête du livre de jeunesse est un projet culturel abouti sur le livre et la lecture qui s’appuie essentiellement sur la littérature de jeunesse.

Ce projet est construit à partir des objectifs fixés en 1985 :

  • développer le goût du livre et la pratique de la lecture chez les jeunes d’abord et les adultes,
  • faire découvrir le livre comme support culturel, outil de communication et d’éducation,
  • mettre en contact direct auteurs, jeunes et adultes, enclencher le désir de lire, et le plaisir d’écrire
  • proposer aux jeunes et aux adultes une ouverture culturelle basée sur la diversité de la production éditoriale de la littérature de jeunesse francophone en général en laissant une place à la littérature étrangère.

Ce projet est décliné dans les différentes responsabilités inscrites dans la Charte des missions de service public des manifestations de promotion du livre et de la lecture en Rhône-Alpes, Charte, dont Denis Bruyant a été un promoteur particulièrement actif.

La Fête du livre de jeunesse est un salon d’auteurs. Elle propose des relations public / auteurs et public / livres, sous toutes ses formes : auteurs et illustrateurs invités, mais aussi des ateliers animés par des intervenants professionnels, expositions interactives ou guidées, spectacles jeune public et tout public, journées de formation, animations scolaires...

Les auteurs sont choisis en fonction de leur production littéraire et leur aptitude à animer des rencontres.

La programmation se fait autour d’un thème (Mémoire sur le fil, Familles je vous hais(me), J’ai peur et j’aime ça, Citoyens du monde, Comprendre le monde, Paroles d’humour, L’art à fleur des mots...). Rêver et comprendre sont les deux mots qui pourraient définir la fête.

La Fête du livre de jeunesse met l’accent sur la littérature de jeunesse d’un pays européen et la rencontre avec ses auteurs, illustrateurs, éditeurs...

La Fête du livre est très attentive à présenter un panorama le plus complet possible de la production de littérature de jeunesse, tant en termes de parutions récentes que dans le sens d’une présentation rétrospective.

Une place particulière est faite aux auteurs, illustrateurs et artistes vivants en Rhône-Alpes en fonction du thème de la Fête du livre de jeunesse et de la qualité de leur production.

De même, la Fête du livre s’attache à mettre en valeur le travail de petits éditeurs de qualité installés en région. Ces éditeurs, qui ont une vraie ligne éditoriale, sont des microstructures d’édition, assez peu représentées en librairie.

II- 2.1.1 Les prix littéraires : Le Pitchou et Le Sésame

Le Pitchou : meilleur album pour les tout-petits (0 à 3 ans) ; le jury est composé d’une centaine de professionnels du livre jeunesse et professionnels de la petite enfance (bibliothécaires, libraires, enseignants et assistantes maternelles).

Le Sésame : coup de cœur des collégiens. Une sélection de 6 titres de romans sur le thème de la manifestation est effectuée par la Fête du livre de jeunesse et les documentalistes de collèges.
Proposés aux classes de 4° des collèges, les ouvrages font l’objet d’un débat dans les classes. Une préférence est exprimée pour le collège et un représentant est choisi pour participer au jury. En 2002, 45 classes de 21 collèges ont participé à ce Prix.

II- 2.1.2 Les animations scolaires

Uniquement proposées aux écoles de Saint-Paul-Trois-Châteaux les 2 ou 3 premières années, ces ateliers - animations ont vite atteint une notoriété d’autant plus importante qu’ils n’étaient pas légions à cette époque et qu’ils s’inscrivaient dans un cadre culturel riche.
Les inscriptions se font à partir d’un dossier dit " dossier d’animations scolaires " composé de fiches pour chaque atelier - animation, spectacle et rencontre.
Entre les interventions dans les classes et celles réalisées au Salon du livre de jeunesse, ce sont environ 220 classes qui sont concernées par les animations scolaires.

II- 2.2 Projet professionnel

II- 2.2.1 Un réseau de compétences

La Fête du livre de jeunesse s’appuie sur un réseau de compétences :

Au sein du tissu local et en particulier avec la Médiathèque de Saint-Paul-Trois-Châteaux et la MJC.

Au plan départemental et régional

  • Partenariat avec la Médiathèque départementale de la Drôme,
  • Partenariat avec l’ARALD, Médiat Rhône-Alpes
  • Partenariat avec l’Education Nationale (Académie de la Drôme et de Vaucluse : conseillers pédagogiques et maîtres formateurs, réseau de documentalistes de collèges ...).
  • Mise en place de rencontres entre manifestations littéraires

Au plan national

  • Mise en place d’un réseau national (Fédération des Salons et Fêtes du livre de jeunesse) pour partager les expériences et mutualiser les forces et les idées.

Ce réseau de compétences s’inscrit notamment dans la composition de comités :
Comité d’organisation générale - Comité d’organisation des journées professionnelles - Comité d’organisation de la journée enseignants - Comité d’organisation de la Fête hors les murs - Comité de lecture pour la sélection des ouvrages du Prix Sésame - Comité de sélection du Prix Pitchou. Ces comités rassemblent libraires, bibliothécaires, enseignants, documentalistes, élus et organisateurs de la Fête du livre de jeunesse.

Les bibliothécaires

Les bibliothécaires jouent un rôle essentiel de médiateurs de la littérature de jeunesse. La Fête du livre situe son action dans une logique de promotion de la lecture et de la littérature auprès des publics les plus larges. En cela son rôle est complémentaire du travail mené dans les bibliothèques. Le travail en commun avec la Médiathèque municipale n’a pas été, tout de suite, évident. Les relations étaient presque tendues au début. Elles se sont améliorées après discussion en présence d’un "médiateur qui n’était pas là pour cela" : le conseiller pour le livre et la lecture de la DRAC.

Sans doute y a-t-il, à l’origine, un peu de méfiance de la part des professionnels à l’égard des bénévoles et de leurs compétences. D’un autre côté, il y a une difficulté de la part des bibliothécaires à gérer et à maîtriser le temps de travail dans le rapport aux bénévoles. Mais à partir du moment où l’on se met d’accord sur l’objectif, on apprend à travailler ensemble sur des rythmes hétérogènes.

Originalité notable du Salon dont les bibliothécaires sont les acteurs : le stand conseil lecture, appelé aussi salon d’essayage des livres. Une expérience tellement riche qu’elle fonctionne maintenant depuis plus de 12 ans

Les libraires

Quatre librairies sont actuellement impliquées dans l’organisation de la Fête du livre de Jeunesse. Deux sont spécialisés en littérature de jeunesse : L’eau Vive à Avignon et Tiers Temps à Aubenas. Deux sont des librairies généralistes, avec un rayon jeunesse significatif : Des cinq continents à Saint-Paul-Trois-Châteaux et Notre temps à Valence.

Les libraires s’associent pendant la manifestation et assurent une mutualisation de la gestion, des charges et des produits. Ils assurent le conseil auprès du public pendant toute la durée du Salon en renforçant leur équipe (12 à 14 personnes).

Les libraires proposent un espace à un éditeur pour un regard particulier sur sa production (généralement un éditeur de taille moyenne). L’espace livre du Salon est une librairie géante présentée par espaces thématiques, on y trouve un panorama complet de la littérature de jeunesse.

Nous allons revenir sur la vie des librairies et des libraires.

Les auteurs

Les auteurs, au même titre que tout autre intervenant culturel, sont rémunérés. Il y a toujours un parrain et un invité d’honneur.

La rémunération est décidée sur la base d’un contrat liant l’auteur et les organisateurs et précisant la nature des activités menées par l’auteur et le montant de la rémunération. Chaque auteur est rémunéré également pour la même activité.

Les modalités de rémunération de l’auteur sont établies dans le strict respect des droits et obligations sociales et fiscales afférentes aux auteurs en France.

II- 2.2.2 Les journées de formation

Des journées de formation sont proposées aux médiateurs du livre : enseignants, bibliothécaires, documentalistes, professionnels de la petite enfance, bénévoles. Lors de ces journées, en lien avec le thème de l’année, interviennent des professionnels d’horizons volontairement diversifiés : spécialistes de littérature de jeunesse, psychologues, historiens, universitaires, etc.

Ces journées ont été créées en 1995.
Au départ il s’agissait d’une journée avec 80 participants. La demande des professionnels a vite dépassé notre ambition. Il nous a donc fallu répondre au besoin important identifié.
La volonté de la Médiathèque départementale de la Drôme a permis l’apport de compétences professionnelles nouvelles indispensables à l’évolution de la manifestation. C’est ainsi que des institutions telles que la Médiathèque départementale de la Drôme, le CDDP, l’ARALD, Médiat Rhône-Alpes, la Médiathèque municipale de Saint-Paul se sont retrouvées impliquées dans l’organisation des journées professionnelles qui sont alors passées de une à deux et maintenant trois journées en direction des passeurs de littérature de jeunesse.

Psychologues, auteurs, directeurs de collection, éditeurs, universitaires, bibliothécaires, spécialistes de tous ordres interviennent pour apporter réflexions et outils destinés à favoriser le passage du livre.

La journée du mercredi est particulièrement dédiée aux enseignants de l’école primaire (maternelle et élémentaire). Elle est axée sur la littérature de jeunesse à l’école ; son utilisation mais aussi sa connaissance. De la lecture de l’album à la fabrication de jeux de lecture, de la découverte d’un auteur à l’édition poétique, les professeurs d’école quêtent parmi les interventions un savoir-faire à mettre en application dans leurs classes.

Les journées du jeudi et vendredi s’adressent plus spécifiquement aux bibliothécaires, documentalistes, libraires... Construites pour répondre au mieux aux attentes de chacun, ces journées de formation - information doivent satisfaire autant les bibliothécaires bénévoles que les " professionnels pointus ". L’évolution de la fréquentation, le déplacement par cars des bibliothèques départementales du Rhône, de la Loire, de l’Ardèche, du Vaucluse, de la Savoie/Haute Savoie, de l’Hérault, de l’IUT de Grenoble, de l’IUFM de Nice montrent, s’il en était besoin, l’importance d’une telle offre couplée avec le Salon du livre de jeunesse. En 2002, 1300 professionnels de 25 départements ont participé à ces journées (pour 1615 journées). La MDD représente à elle seule environ 190 participants pour 254 journées.

Cette dimension de formation de la Fête a été largement assumée par la MDD. En 1990, nous avons commencé modestement en incluant cette opportunité dans notre offre de formation à destination de nos bibliothécaires partenaires du réseau. Cette formation professionnelle a participé à crédibiliser la manifestation auprès des pouvoirs publics bailleurs de fonds.

II- 2.3 Projet territorial et social

La Fête du livre de jeunesse s’inscrit dans un calendrier de manifestations situées en dehors des périodes estivales ou liées à des événements nationaux (Lire en Fête...), elle participe ainsi à l’aménagement du territoire.

La Fête du livre hors les murs

Soucieuse de l’accès au livre et à la lecture du plus grand nombre, la Fête du livre a accentué l’irrigation du territoire en s’étendant hors les murs et enrichit ce développement chaque année, en partenariat avec les structures culturelles (écoles, bibliothèques, centres sociaux) des communes concernées.

L’association s’engage également à établir des liens avec d’autres festivals et salons du livre de la région Rhône-Alpes et à rechercher de nouveaux partenariats avec les acteurs culturels de la région.

Un projet culturel à dimension sociale

Dans un esprit de décentralisation, elle veille, dans un environnement rural, à proposer aux publics géographiquement éloignés des centres de diffusion de la culture, par différentes actions, une rencontre possible avec la littérature de jeunesse... L’entrée au Salon est gratuite et les entrées aux spectacles sont proposées à un prix modéré, dans le souci permanent de permettre l’accès à la culture pour le plus grand nombre, et de participer ainsi à la lutte contre toute forme d’exclusion culturelle.

La qualité des propositions, vecteur de la pérennité d’un projet nécessairement collectif

Notre objectif est d’asseoir, chaque année un peu plus, la manifestation. Nous cherchons une assise régionale, voire nationale, mais surtout une assise basée sur un travail en profondeur sur le livre et la lecture. Si la manifestation a fêté son 18e anniversaire, c’est bien là le gage d’une qualité tant dans l’organisation que dans le contenu. La pérennité est à ce prix. Chaque activité nouvelle développée doit l’être dans cet esprit.

Faire vivre une manifestation sur le livre et le livre de jeunesse en particulier, signifie en permanence : remise en question, innovation, évolution, mais aussi écoute des besoins, ou plutôt identification de ces besoins. La Fête du livre de jeunesse est donc une réussite à bien des égards : la fréquentation du public, les demandes d’animations scolaires, le succès des journées professionnelles, le chiffre d’affaires, l’impact, enfin, de la manifestation, qui dépasse les frontières du département et même de la région, tous ces paramètres en augmentation prouvent le succès et la pérennité de cet événement.

Promouvoir la littérature de jeunesse n’est pas un acte gratuit. Ce qui est sous-tendu, c’est l’approche culturelle et l’ouverture d’esprit qu’il induit. La littérature de jeunesse est aussi un outil pour donner le goût de lire. Elle est donc, dans un premier temps, une littérature plaisir qui se laisse croquer par tous les bouts, sans complexe. Elle devient ensuite un plaisir de lire.

La fête est là pour proposer tous les chemins qui mènent aux livres, à la littérature de jeunesse et donc à la lecture. Il s’agit d’une fête parce que tous ces chemins s’appellent : spectacles, expositions, auteurs, illustrateurs, débats, portraits, spectacles de rue, ateliers, animations, jeux, cinéma...

La pérennisation par la qualité des propositions résulte d’un travail collectif.

  • Participation des bibliothécaires au choix du thème principal, des auteurs invités, des animations à programmer.
  • Organisation d’un stage de formation des bénévoles sur le thème précis : par exemple la poésie en utilisant les intervenants programmés pour la manifestation, en visitant les expositions.
    • Gain pour la médiathèque : un environnement culturel motivant pour les stagiaires,
    • Gain pour la fête du livre : valorisation des actions, communication, apport de public,
    • Gain pour les deux : coûts partagés, optimisation des moyens, intégration des actions faisant meilleur effet auprès des bailleurs de fonds.
  • Introduction de journées professionnelles offertes aux acteurs du livre et de la documentation en structurant les interventions sur le thème du salon et autour d’une grande exposition d’œuvres originales (Nicole Claveloux, Éditions du Rouergue, Anthony Browne...)

C’est l’intervention de la Médiathèque départementale dans ce registre qui a permis à la manifestation d’évoluer et d’accroître son impact par :

    • la participation des organismes professionnels comme l’ARALD (agence Rhône Alpes pour le livre et la documentation) et MEDIAT (formation aux métiers du livres de l’Université de Grenoble) ; celle de la Médiathèque départementale de la Drôme s’est vue renforcée.
    • l’élargissement des publics et de la zone d’impact : aujourd’hui ce sont plus de 1000 professionnels -ceux de la Loire, de la Savoie et Haute Savoie, de l’Isère, du Rhône et de l’Hérault ont rejoint ceux de la Drôme et de l’Ardèche, du Gard et du Vaucluse- qui participent aux journées et qui profitent d’une offre de qualité qu’aucune bibliothèque ne pourrait réaliser à elle seule.
    • l’optimisation des moyens et des résultats : exposition d’envergure qu’aucune petite bibliothèque ne pourrait proposer ; auteurs, illustrateurs que personne ne pourrait inviter en si grand nombre et valoriser autour d’un thème.
    • valorisation du secteur librairie : livres à acheter, ce qui compte en milieu rural où il y a peu de librairies. Reconnaissance du rôle du libraire dans la chaîne du livre
    • intégration des publics et des partenaires : libraires, créateurs, éducateurs et documentalistes de l’Éducation nationale participent également à ces deux journées ; une offre de même nature est également faite aux enseignants.
    • crédibiliser la manifestation auprès des pouvoirs publics bailleurs de fonds ; pour le Conseil général de la Drôme, l’offre de journées professionnelles lors d’un festival ou d’un salon est un critère positif pour l’attribution de subvention et le conventionnement avec la DRAC (Direction des affaires culturelles), la Région, le Conseil général de la Drôme et la Ville de Saint-Paul permet de garantir le soutien des institutions et donc la pérennisation de la manifestation.
  • Délocalisation des actions : la fête du livre propose aux bibliothèques du secteur un choix d’animations avec des écrivains ou des illustrateurs intervenants
    • gain pour le réseau des bibliothèques communales : optimisation des moyens et des offres.
    • gain pour la fête du livre : amélioration de son impact, crédibilisation auprès des bailleurs de fonds

Ce travail en commun, où chacun profite des compétences de l’autre, permet de développer la crédibilité et de la médiathèque départementale et de la fête du livre dans la perception et la reconnaissance des pôles de compétence que peut avoir le département.

Conclusion : le partage des points de vue, ou comment l’animation se situe entre la solitude du coureur de fond et le sport d’équipe

La Fête du livre de jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux est bien le fruit d’une réflexion et d’un travail collectifs. Au sein même de l’association porteuse de l’initiative dans un premier temps, par l’apport de compétences locales et nationales dans un second et, dans un troisième temps, par une professionnalisation sous deux formes :

  • Élargissement de l’appui de professionnels tels que ceux de la Médiathèque départementale de la Drôme, de Médiat, du CDDP, des journalistes, des animateurs, ...
  • Professionnalisation des organisateurs.

La mise en commun de la réflexion, la création de commissions, la richesse de la diversité, l’ouverture aux autres, l’implication de chacun à différents niveaux, mais sans exception, a permis de construire un réseau solide, fiable, une véritable complicité culturelle.

Bénévoles, il ne faut pas avoir peur des professionnels !
Professionnels, il ne faut pas avoir peur des bénévoles !

Chacun a besoin de construire, de se réaliser et, de fait, l’expérience montre des réalités complémentaires. L’événementiel apporte au travail de fond et vice-versa.

Mais qui a donc peur des militants ?

Le sou des écoles laïques de St-Paul-Trois-Châteaux qui organise La fête du livre de jeunesse a su faire de cette manifestation un haut lieu de la littérature de jeunesse. Les rencontres avec les écrivains dans les classes, les spectacles tout public avec des conteurs, des acteurs ou des diseurs de textes, la présentation du salon avec les libraires, les conférences et les débats pendant le salon du livre sont organisés de main de maître depuis 20 ans . Dans les choix, Denis Bruyant et les 70 bénévoles qui organisent cette fête ont toujours su s’entourer de professionnels de tous les métiers nécessaires, de la restauration à l’électricité, de la pédagogie à la création artistique et font preuve eux-mêmes d’un professionnalisme guidé par un objectif de service public et de mission à remplir pour le public.

La Médiathèque municipale de Saint-Paul-Trois-Châteaux et la Médiathèque départementale de la Drôme sont des partenaires privilégiés et les bibliothécaires ont été présents dès la première heure tant pour les choix du thème principal et des auteurs invités que pour les animations à programmer.

Le développement de la lecture publique en milieu rural passe par un savant équilibre entre des bibliothécaires bénévoles bien épaulés par les professionnels de la médiathèque départementale, des associations compétentes et motivées, aptes à développer des festivals et des salons du livre grâce à un réseau relationnel dense et personnalisé, soutenues par des professionnels attentifs aux partenaires locaux et aux modes spécifiques de fonctionnements du milieu associatif.

Les écueils financiers et relationnels d’une telle entreprise ne sont pas minces. Ce genre d’action est toujours soumis, aux bonnes relations qu’entretiennent militants associatifs et professionnels (libraires, enseignants, bibliothécaires), au soutien des pouvoirs publics (si une collectivité baisse sa subvention ou refuse que sa bibliothèque soit partenaire, c’est toute l’organisation qui est compromise quel que soit l’investissement personnel des acteurs).

Il reste aussi que lorsqu’une manifestation prend une telle ampleur, elle est dans l’obligation de recruter. Il n’est jamais simple de passer d’une professionnalisation des bénévoles au recrutement de personnel professionnel rémunéré. Cela modifie l’équilibre financier des comptes de l’opération et de l’association gestionnaire, mais aussi les relations entre acteurs au sein de l’association, voire même l’engagement et la passion initiale des bénévoles qu’il s’agit pourtant de maintenir.

Ce travail en commun où chacun profite des compétences de l’autre permet de développer la crédibilité et de la Médiathèque et de la Fête du livre. Un tel partenariat permet de faire monter la qualité de l’offre. Il ne permet certainement pas d’économiser du temps de travail, mais il valorise les compétences des bibliothécaires.

La variété des actions et des angles d’attaque reste un des principes de la politique d’animation de la Médiathèque pour la raison que la découverte des œuvres et des documents est plurielle et bien souvent imprévisible. L’alchimie est donc plus facile à réaliser en travaillant à plusieurs.

La fête du livre de Saint-Paul-trois-Châteaux est bel et bien l’illustration que la vieille opposition corporatiste professionnels / bénévoles a fait long feu devant la nécessité, selon les termes de Denis Bruyant de mutualiser les forces et les idées.

Annexe 1
Un bilan de 18 années en direction du livre et la lecture

Le bilan pourrait se décliner sur la base des évolutions :

  • un public averti et toujours plus nombreux : 1300 en 91 - 16000 en 2002
  • une réelle demande des professionnels : 80 en 95 - 1300 en 2002
  • un site internet : www.slj26.com
  • 2 prix littéraires : Pitchou et Sésame
  • 220 classes en animation (limite d’accueil)

Il peut aussi être moins quantitatif et se décliner qualitativement :

  • Un public " éduqué ", formé par 18 années de conseils, d’informations, de formations ... *
  • 4 libraires performants, impliqués et partie prenante de la manifestation. Assurent conseils, sélection, vente, le tout avec une gestion mise en commun. *
  • Des professionnels toujours plus nombreux, qui trouvent sur le salon un panorama complet de la littérature de jeunesse, des libraires compétents, des interventions appréciées, des journées de formation répondant à leurs attentes ... *
  • Un intérêt pour les écoles et collèges de la Région, une opportunité pour les classes et les enseignants, une ouverture d’esprit pour les jeunes .. *
  • Un challenge pour les classes de 4° de collège avec le Prix Sésame. 6 ouvrages à lire, 1200 élèves, mais également 6 ouvrages qui continuent à vivre toute l’année. *
  • Une volonté de rassembler nationalement les manifestations sur le livre de jeunesse et de présider la Fédération qui a été créée en mai 2000

La Fête du livre de jeunesse de St Paul Trois Châteaux fait aussi l’objet d’une reconnaissance nationale.

En effet la volonté de rassembler qui a vu le jour en juin 99 à Valence a permis la rencontre et l’échange avec 35 manifestations venues de la France entière. Cette action, primordiale pour l’évolution et la promotion du livre de jeunesse, n’a été possible que par les contacts préalables établis par les organisateurs de la Fête du livre de jeunesse de St Paul Trois Châteaux.
Ce rassemblement a débouché quelques mois plus tard sur la création d’une fédération. La Fête du livre de jeunesse de Saint-Paul préside cette toute jeune fédération. C’est l’entrée dans une ère nouvelle. Celle du dialogue, de l’échange entre salons et avec les institutions, éditeurs, libraires et auteurs. Un dialogue basé sur l’écoute pour mieux comprendre le besoin, les contraintes de chacun. Cet acte fédérateur a également permis de faire entrer les manifestations dans la chaîne du livre par son action de promotion mais aussi par l’impact économique et social qu’une Fête ou Salon du livre apporte à la Région.
La Fête du livre de jeunesse de St Paul Trois Châteaux est maintenant bien reconnue et soutenue par les professionnels de la chaîne du livre au plan national, mais aussi par certains médias et notamment le journal Le Monde dont 5 articles ont couronné les 5 dernières années. (Citons encore Livre Hebdo, le Monde de l’Education, l’Ecole des Parents, ...). Les médias locaux et régionaux sont également très attachés à suivre la Fête du livre de jeunesse de St Paul Trois Châteaux. Qu’importe la place du Salon dans le microcosme des passeurs de littérature de jeunesse, l’important est le public touché. Le travail en direction du plus grand nombre, l’absence d’élitisme, l’ouverture culturelle proposée, mais aussi le positionnement de la Fête du livre de jeunesse au carrefour de l’instruction - éducation et la volonté d’une qualité toujours présente, font de notre action une référence culturelle reconnue.

Annexe 1
Fête du livre jeunesse de Saint-Paul-Trois-Chateaux
Budget de réalisation
Dépenses % du budget

Logistique Chapiteau
Scénographie
Eclairage et son
24,5
Auteurs et intervenants Rémunération
Transport
Hébergement
26
Communication 9
Secrétariat, divers 3,5
Journées professionnelles 6

Salaires

26
Spectacles
Expositions
Prix littéraires
5
Recettes

%du budget
Mairie 38
Etat (CNL + DRAC) 12,7
Région 7,3
Département 3,1
Site nucléaire 3,9
Autres partenaires 3
Recettes propres 32

Notes

(1) CDDP : Centre départemental de documentation pédagogique (Note de l’éditeur).

(2) ARALD : Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation, http://www.arald.org (Note de l’éditeur).

(3) Mediat Rhône-Alpes : centre régional de formation aux métiers du livre, des bibliothèques et de la documentation http://mediat.upmf-grenoble.fr (Note de l’éditeur).



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