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Les missions des bibliothèques départementales de prêt

par Didier Guilbaud, Directeur départemental des Bibliothèques et de la lecture de Touraine, et et Sylviane Lachaume, conservateur, Bibliothèque départementale de Touraine

publié le lundi 15 août 2005

impression
Enquête menée par l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt
Dépouillement et analyse par Didier Guilbaud, Directeur départemental des Bibliothèques et de la lecture de Touraine
et Sylviane Lachaume, conservateur, Bibliothèque départementale de Touraine

Observations préalables

Le taux de réponse à l’enquête a été important et représente 67 questionnaires retournés sur les 100 expédiés. 65 réponses ont été exploitées pour les données chiffrées ( 1e partie) et 51 réponses ont été exploitées pour la deuxième partie (actions structurantes) :

  • 43 réponses avaient été retournées fin juin 2001,
  • 51 réponses avaient été retournées fin septembre 2001,
  • 2 réponses avaient été retournées début novembre.

Le dépouillement s’est effectué en deux temps et a donné une présentation en deux parties :

  • Les réponses chiffrées donnent des résultats fins sur les questions posées
  • Les réponses " libres " de la deuxième partie indiquent plus des tendances dans le domaine des actions des BDP
  • Enfin les documents d’accompagnement envoyés par les BDP restent à dépouiller. Ils complètent souvent les réponses " encadrées ".

Ière partie
Des chiffres et des actes :
des missions aux réalisations sur le terrain

I - Les Missions proclamées

I -A Document validé énumérant les missions de l’établissement

Existe-t-il un document énumérant les missions de l’établissement et validées par une instance autre que le directeur de la BDP ?

oui 40 66 %
non 21 34 %
total 61 100 %

On note donc un nombre important de documents énumérant les missions de la BDP... qui est éclairé par la nature même du document.

I -B la Nature du Document

Ce document est-il un(e) ?

texte complet en lui-même 12 23 %
partie du texte régissant un plan de développement de la lecture 16 29 %
partie du texte énumérant les missions de tout ou partie des services du Conseil général

11

21 %
partie du texte d’un organigramme de tout ou partie des services du Conseil général 1 2 %
Autre 13 25 %
Total 53 100 %

On note donc un nombre important de documents énumérant les missions de la BDP... qui est éclairé par la nature même du document.

Contrairement à une croyance largement répandue, les plans de développement ne représentent que près de 30 % des textes édictés par les Conseils généraux suite à la Décentralisation. Les textes sont souvent intégrés à des ensembles reprenant les missions des services départementaux. Et comme l’indique le statut du document, il s’agit principalement de textes ayant fait l’objet d’une délibération du Conseil général.

I -C Statut du document

Quel est son statut ?

Délibération du Conseil Général 26
Arrêté du Président 1
Autre

9

Total 36

I -D la diffusion du document

Comment est-il diffusé ?

Plaquette 18
Site Web 11
Autre

16

Total 45

I -E Les missions définies

Les missions ainsi définies sont-elles ?

le constat d’un existant 11
document programmatique accompagnant une réorientation de l’établissement 15
les deux 6
pas de réponse 29
Total 61

II - L ’Etat actuel de la mise en œuvre des missions héritées

A - La " desserte " des bibliothèques tous publics

 

maintenu

en hausse en baisse supprimé total
par bibliobus 27 17

12

2 58
par accueil en magasin 5 31 2 3

41

Prêt direct tous publics 9 1 20 11 41

On remarque pour l’essentiel le maintien de l’usage du bibliobus pour la desserte des bibliothèques Il est maintenu dans 43 % des cas, voire en hausse dans 35 % des BDP, ce qui semble correspondre par ailleurs à un accroissement des moyens. La suppression du bibliobus est très minime, mais la baisse de son usage, à 20 % est significative.

A l’inverse, l’accueil en magasin de BDP connaît une hausse prodigieuse, à 73 %. Si l’on rapporte ce pourcentage au 12 % de BDP qui pratiquaient déjà ce mode de desserte, on obtient un total de 85 % des BDP qui pratiquent le prêt en magasin.

B - Scolaires : quelle relation ?

La Desserte " scolaire "

Réponses en vrac :

  • beaucoup de réponses : la desserte n’a jamais existé : est-ce le seul fait des BDP 82 ?
  • forte baisse voire suppression de la desserte (total : 78 %),
  • mais une hausse de 3 % qui semble correspondre à des moyens supplémentaires,
  • aucun projet de création de desserte scolaire n’est évoqué contre 1 projet de desserte de collège,
  • pas de passage significatif du prêt direct scolaire au dépôt.
le Partenariat avec les écoles

Néanmoins le partenaire le plus fréquemment cité reste l’Education Nationale

11 actions citées (promotion de la lecture, sélection de titres) en partenariat (IUFM, CDDP, lycées, universités, inspection académique).

B - Annexes ouvertes au public

11 réponses seulement à la question qui concerne peu de BDP. Les ouvertures sont généralement maintenus (à 37 % soit 5 BDP !) voire promues à 38 % (4 BDP !).

III - Les nouvelles activités

A - la Desserte

On observe dans les réponses au questionnaire que la " norme " géographique des 10 000 habitants est très majoritairement respectée. Néanmoins 1/3 des BDP desservent des communes de plus de 10 000 habitants ou en ont le projet. Ces chiffres sont à rapprocher des réponses aux questions suivantes :

  • si la communauté de communes comporte au total 10000 habitants ou plus, la desserte ne pose pas de problème pour 46 % des BDP (24 % = oui ; 22 % en projet).
  • si la communauté de communes comporte au moins une commune de plus de 10 000 habitants, le projet de desserte dans un cadre intercommunal est affirmé à 29 %. Aujourd’hui seules 7 % des BDP assurent une desserte dans ce cadre.

B - Fourniture des documents

38 BDP fournissent des documents au réseau à partir de la " centrale ". Ce chiffre est à rapprocher de l ’importante augmentation de fournitures en " magasin " (74 %) et de la diminution du prêt par bibliobus voire sa disparition dans certaines BDP.

B 1 - Fourniture des documents à la demande

La moitié des BDP interrogées utilisent la " navette " et 14 en ont le projet. 16 BDP fournissent les documents à " plusieurs niveaux ".

B 2 - Vous avez dit Prêt-inter

Une très grande majorité ne le pratique pas : 1/4 seulement (26 %). Dans ce cas elle " font " du prêt inter avec des bibliothèques publiques à 64 % et avec des BU à 29 %

C - Les supports

Diversification des supports OUI

%

Documents sonores 55 90 %
Vidéogrammes 30 49 %
Cédéroms 47 77 %
Arthothèque 1 2 %
Sélections de ressources gratuites d’Internet 9 15 %
Financement d’accès à des ressources en ligne payantes 3 5 %

Autres, précisez

10 16 %

En dehors du support " livres ", les documents sonores sont représentés dans les des BDP. Suivent, à 77 %, les collections de cédéroms dont on ne dit pas s’ils sont prêtés ou non aux bibliothèques. Les artothèques ne représentent quant à elles que 2 % des services offerts.

D - La Formation

Formation OUI NON en projet
Formations thématiques 60 1 1
Participation à des dispositifs de formation 35

18

3
Formation initiale 59 2 0
Accueil en formation de personnels de bibliothèques non desservies 43 15 2
Formation : autres 22 0 0

Logiquement l’enquête fait apparaître une hausse des actions de formation. Toutes les BDP ou presque agissent dans ce domaine (1 exception), soit sous la forme d’actions thématiques, soit par un " stage " de formation initiale dont on notera la grande variété puisque cette formation, lorsqu’elle est pratiquée varie dans la durée de 0,5 à 20 journées pour une moyenne de 6,13 j. Une grande majorité des BDP participe à d’autres processus de formation et accueillent des personnels de bibliothèque non-desservies.

E - Expertise et conseil

Expertise

OUI

NON en projet
Petite enfance 25 16 9
Personnes âgées 11 23 9
Livre ancien

2

39

3

Fonds local 28 21 4
Illettrisme 7 34 5
Multimédia 29 16 4
Autres 15

3

0

Le rôle d’expert des BDP est marqué pour le multimédia, le fonds local, la petite enfance. En revanche les domaines suivants semblent recueillir peu d’intérêt : le livre ancien, l’illettrisme, les personnes âgées, ce qui semble être en contradiction avec les axes de travail sur les différents publics exprimés par ailleurs. Par ailleurs, très majoritairement les BDP pratiquent le conseil ! (Seule 1 BDP ne pratique pas de conseil en " gestion de bibliothèque ").

F - Aides et subventions : pour qui ?

— >

Les aides du Département - via ou non la BDP - s’adressent à toutes communes de moins de 10 000 habitants. On note que les communes de plus 10 000 habitants ne sont pas exclues du processus ainsi que la montée en charge de l’intercommunalité.

Subventions OUI

NON

en projet
Investissements 50 5 0
Emploi 15 32 5
Achat de documents 27 27 1
Autres

18

4 4
En nature 39 6 0

Il s’agit majoritairement de subvention d’investissement. Mais si les subventions d’achat de documents se partagent équitablement entre les BDP qui " subventionnent " et celles qui ne " subventionnent " pas on remarquera que de plus en plus de BDP ou de départements apportent une aide à l’emploi : 15 réponses positives et 5 en ont le projet.

IIème partie

Les trois axes

Le groupe de préparation des journées d’études a défini trois axes permettant de rendre compte de la réorientation des BDP :

  • Les actions transversales : participation de la BDP à des démarches communes avec d’autres services du conseil général
  • les actions structurantes : contribution à l’organisation territoriale de la lecture publique (intercommunalité, ...)
  • les services centraux : services autres que la fourniture classique de documents qu’il est légitime de gérer au niveau départemental (centrale d’achat de documents et fournitures, catalogage, ...)

Dans leur grande majorité, les BDP ont engagé des actions transversales avec leur conseil général...

1 -participation de la BDP à des démarches communes avec d’autres services de leur Conseil Général.

Sur 51 BDP ayant répondu à l’enquête, 40 ont répondu à cette question :

  • 27 ont des actions communes avec le conseil général,
  • 5 ont des projets d’actions communes,
  • > 8 ne participent à aucune action avec d’autres services du conseil général.

Sur 51 BDP ayant répondu à l’enquête, 40 ont répondu à cette question :

  • 27 ont des actions communes avec le conseil général,
  • 5 ont des projets d’actions communes,
  • 8 ne participent à aucune action avec d’autres services du conseil général.

Ces actions sont menées principalement :

  • avec les services culturels (13 BDP)
    • collaboration à des manifestations ponctuelles : festivals contes, expositions
    • animations communes avec les archives, musées, théâtre, musique, etc.
    • édition de plaquettes d’expositions, réalisation de CD-ROM.
  • avec les services sociaux (14 BDP)
    • petite enfance : prêt de livres en PMI , mise en place de bibliothèques dans les lieux d’accueil aux familles
    • intervention en PMI, voire bébébus ou diffusion catalogue jeunesse.
    • avec les publics défavorisés : lutte contre l’illettrisme, actions en direction des personnes âgées
  • avec d’autres services
    • gestion documentaire commune
    • service tourisme 
    • service informatique : équipement, informatique, Intranet, site Web
    • réflexion avec le ou les services chargés de développement du territoire
    • réflexion sur l’intercommunalité

Certaines BDP citent comme actions transversales des actions qui relèvent de la collaboration minimum qu’une BDP doit avoir avec son conseil général (marchés publics, subventions etc.). Notons par ailleurs que les BDP peuvent avoir des actions avec plusieurs services.

2 - Les actions structurantes

Celles-ci concernent l ’organisation territoriale de la lecture publique et se définissent principalement à partir de la mise en place del’intercommunalité.

Sur 42 réponses (51 questionnaires exploités) :

2 départements n’ont aucun schéma d’intercommunalité et 3 en seraient aux " balbutiements " (sic)

La majorité des BDP est donc en marche vers l’intercommunalité, à des degrés différents :

  • 19 BDP en sont au stage de la réflexion, à l’établissement d’un projet départemental
  • 16 sont passées à la vitesse supérieure et vivent dans un environnement intercommunal effectif.

Enfin, 3 BDP répondent à l’organisation territoriale de la lecture publique par la mise en place d’autres actions non précisées.

Observations générales :

Autour de quels axes s’articule la réflexion sur l’intercommunalité ? Quelle est la place prise par les BDP dans l’aménagement du territoire en matière de lecture publique ? On observe trois phases dans le développement de la réflexion et de l ’action dans ce domaine particulier de l ’intercommunalité :

  • Une réflexion autour de l’aménagement du territoire : projet de schéma directeur départemental divisant le département en intercommunalités, détermination de pays pour la mise en réseau des bibliothèques parfois formalisé par la préparation d’un plan de développement de la lecture (2 BDP)
  • Un projet de réseau avec les communautés de communes formalisé par la réunion de bibliothèques par " zones ".
  • Des projets de création de médiathèques de pays et d’antennes départementales avec les communautés de communes (3 BDP).

Les formes de mise en place de l’intercommunalité

  • La mise en réseau :
    ... s’opère par la mise en place de conventions intercommunales pour la constitution de réseaux de bibliothèques, voire la création de services de lecture publique à l’échelon de plusieurs communautés de communes, une desserte qui s’appuie sur des têtes de réseaux , ou encore la mise en réseau de bibliothèques à l’échelon intercommunal.
  • Aide à la construction :
    Le conseil général soutient le travail en réseau des bibliothèques publiques, voire majore l’aide départemental pour les projets intercommunaux :
    • Programme " médiathèque de secteurs " comprenant 3 réalisations effectives.
    • Création d’une bibliothèque intercommunale prenant le relais de la BDP
    • Médiathèques annexes avec globalisation des services.
  • Aide à l’emploi :
    Les Conseils généraux participent à l’intercommunalité en recrutant ou aidant à recruter, soit sur les terrains directement, soit à la BDP avec l’objectif intercommunal.
    • Recrutement de coordonnateurs des bibliothèques formés à la BDP intervenant sur le terrain.
    • Une BDP signale une intercommunalité forte où la réflexion s’engage avec les communautés d’agglomération ou les communautés de communes de + de 10.000 habitants avec à terme pour projet une base départementale informatisée.
  • Autres actions citées :
    En bref :
    • la renégociation des conventions passées avec les communes
    • les aides à la création des bibliothèques dans les petites communes, à l’informatisation , à la gestion des bibliothèques, à l’adaptation aux NTIC.
    • la création d’un bibliobus-salle mobile organisant soirées contes, lectures à haute voix, expositions...(1 réponse)

3 - Les services centraux

40 BDP évoquent l ’existence d’un service centralisé - géré à la BDP - à l’attention des bibliothèques du département.
11 BDP n’ont pas répondu ou n’ont pas de services centraux

  • 19 BDP centralisent à la BDP l’achat groupé de fournitures (matériel d’équipement),
  • 5 BDP proposent un catalogage par disquette des livres déposés, des notices à la demande, un catalogage partagé avec les têtes de réseau.
  • 5 BDP regroupent des animations ou des expositions (chiffre minoré car non cité par la majorité des BDP comme service centralisé)
  • 3 BDP proposent la formation comme service centralisé (voir ci-dessus, non cité par la majorité des BDP qui assurent cependant un service de formation).
  • 2 BDP centralisent les achats de documents,
  • 2 BDP disent exercer un rôle de conseil et d’expertise (chiffre minoré pour les mêmes raisons que ci-dessus),
  • 2 BDP encadrent l’informatisation des communes (id.),
  • 1 BDP centralise les demandes de reliure.

Projets :

  • 4 BDP ont 1 projet de fournitures de notices,
  • 2 BDP développent un fonds professionnel,
  • 1 BDP a un projet de comité de lecture.

4 - Les partenariats

1°) L’Education Nationale, avec 11 actions citées (voir ci-dessus)

2°) Les autres partenaires

  • Les partenariats structurels
    • associations autour du livre (5)
    • 5 avec d’autres bibliothèques (Médiathèques municipales, bibliothèques universitaires, Agence de coopération entre bibliothèques
    • 4 actions avec la Direction départementale de la jeunesse et des sports (2 conventions)
    • 2 avec la Fédération des œuvres laïques
    • 3 avec des foyers ruraux (2 conventions)
  • La formation :
    • 5 partenariats avec l’ABF pour la formation d’auxiliaires de bibliothèques
  • L’Animation
    • 4 avec des associations de lecture orales
    • 6 partenariats avec des associations théâtrales, troupes, centres chorégraphiques, école de cirque (projet) (2 conventions)
    • 10 actions : Fêtes du Livre, ateliers d’écriture, fonds spécialisé,

La majeure partie de ces relations de partenariat se font sans conventionnement, seules 27 conventions sont mentionnées. Les 4 conventions en cours avec les communes, nos partenaires " obligés " n’ont pas été prises en compte. Il est seulement fait état de 9 conventions et de 3 conventions avec 1 DRAC et 2 CRL. Les partenariats sont très peu formalisés mais en même temps plutôt stables. Il y relativement peu de partenariat ponctuel.

3°) Les Publics concernés :

  • 3 partenariats avec des associations autour de la Petite enfance
  • 4 actions avec des maisons d’arrêt (4 conventions)
  • Petite enfance : - prêt de livres PMI , mise en place de bibliothèques dans les lieux d’accueil aux familles, bébébus, diffusion d ’un catalogue jeunesse
  • Avec les publics défavorisés : lutte contre l’ illettrisme (1), actions en direction des personnes âgées

5. - Les Moyens et compétences

5.1 - Les Moyens obtenus

Certaines réponses sont difficilement exploitables car elles ne distinguent pas les moyens obtenus et les moyens à obtenir. Il est intéressant, par ailleurs, de comparer les moyens obtenus et les moyens à obtenir dans le cadre de missions rénovées.

Si 13 BDP ont obtenu des créations de postes. (entre 1 à 12 par BDP), 2 BDP n’ont pas obtenu de moyens humains supplémentaires.

  • C’est dans les secteurs d’activités en développement des BDP que des moyens supplémentaires ont été mis à disposition des BDP et notamment que des emplois ont été créés : la formation, l’animation, l’audiovisuel et le multimédia, les NTIC, les tournées de réservations. Les emplois se spécialisent. Et c’est dans ces mêmes secteurs que des emplois restent encore à créer.
  • Revendication au niveau de l’action des conseil général : définition d’une politique culturelle, mise en place d’une politique d’incitation à la création de bibliothèques dans les communes.

5.1.1- Les Moyens obtenus : emploi

13 BDP ont obtenu des créations de postes, (entre 1 à 12 par BDP), 2 BDP ont obtenu 1 poste,
5 BDP ont obtenu 2 postes,
2 BDP ont obtenu 3 postes,
1 BDP a obtenu 4 postes,
1 BDP a obtenu 6 postes,
1 BDP a obtenu 12 postes (Dans ce cas précis, il s’agit de la création de 3 antennes).

Répartition des postes par cadre d’emploi :

3 postes en catégorie A,
11 postes en catégorie B,
1 poste en catégorie C,
10 emplois jeunes,
1 CES,

15 non précisés.

Répartition des postes par secteurs d’activités

4 postes : multimédia
3 postes : formation-animation
2 postes : audiovisuel
2 postes : médiateurs du livre
2 postes : navettes réservations
1 poste : NTIC
1 poste : intercommunalité
3 postes : administratifs (attaché, adjoint)
1 poste : rédacteur correspondant informatique

15 emplois aux attributions non précisées.

5.1.2 - Les autres moyens obtenus : moyens financiers

  • 6 BDP ont vu leur budget global d’acquisitions augmenté (x2, voire 3)
  • 5 BDP ont obtenu des crédits pour l’animation
  • 5 BDP ont obtenu un budget pour l’aide à la construction, des subventions pour l’aménagement des bibliothèques
  • 4 BDP ont obtenu un budget pour la formation
  • 1 BDP a obtenu un budget pour le DVD.

5.1.3 - Les autres Moyens obtenus : Moyens en bâtiments, équipement

  • 3 BDP : augmentation de la surface des bâtiments
  • 2 BDP : véhicules légers pour les navettes
  • 1 BDP : 1 bibliobus
  • 4 BDP : des moyens en informatique, multimédia et mise sur le Net du catalogue.

5.2 - Les Moyens à obtenir

5.2.1 - En matière d’emploi :

Seules 7 BDP émettent le souhait d’obtenir des postes supplémentaires répartis de la façon suivante : navettes (2), évaluation (1), fournitures notices (1), NTIC (1), autres postes (3).

On peut donc supposer devant cette faible revendication concernant le personnel que les conseils généraux ont mené une politique de recrutement depuis la décentralisation, se sont donnés les moyens de leur politique de redéploiement culturel sur le territoire.

5.2.2 . - Moyens financiers

Des sous, encore, toujours ! ! (6 BDP), réclament les BDP, pour " elles-mêmes " mais aussi en vue de l’augmentation des subventions pour l’aide aux communes (2 BDP).

5.2.3. Moyens en bâtiments, équipement

Les BDP souhaitent :

  • 5 BDP : l’agrandissement des locaux existants, voire la construction de nouveaux locaux
  • 2 BDP : des véhicules légers pour développer les navettes. 3 BDP : l’informatisation par le biais d’un réseau informatique performant dont la mise en place d’un site WEB

5.2.4. Divers

5 BDP revendiquent :

  • une politique culturelle,
  • une politique d’incitation pour les communes,
  • un plan de développement pour l’intercommunalité,
  • une reconnaissance des actions de formation,
  • l’avis de la BDP pour les subventions.

C’est bien dans les secteurs d’activités en développement des BDP que des emplois ont été créés : la formation, l’animation, l’audiovisuel et le multimédia, les NTIC, les tournées de réservations. Les emplois se spécialisent. Et c’est dans ces mêmes secteurs que des emplois restent encore à créer. Cette revendication vaut au niveau de l’action plus générale des cconseils généraux : définition d’une politique culturelle, mise en place d’une politique d’incitation à la création de bibliothèques dans les communes.

6- Les compétences réunies ou à réunir
pour la mise en œuvre des nouvelles missions

A la lecture des réponses à la question des compétences, il est intéressant de relever que la quasi-totalité des BDP répond sur les compétences à réunir et non sur les compétences réunies(1). Ceci signifie, entre autres, que le métier de bibliothécaire est en pleine mutation et que les compétences classiques, si elles sont toujours nécessaires, ne sont plus suffisantes aujourd’hui.

La territorialisation de la lecture publique, les fonctions de conseil et d’expertise, ainsi que le développement des nouvelles technologies impliquent un travail de formation et d’adaptation pour les personnels des bibliothèques. De nouvelles formations doivent se mettre en place pour mener à bien les nouvelles missions des BDP.

Portrait robot du bibliothécaire de BDP (de demain ?)

Le bibliothécaire idéal de BDP de demain devra :

  • être formé aux nouvelles technologies et réseaux informatiques (pour 11 BDP)
  • être formé à l’animation (5 BDP)
  • être capable de mener des actions de formation (4 BDP)
  • savoir animer, accompagner des équipes, avoir un rôle de conseil et d’expertise (5 BDP)
  • avoir des compétences en développement local (finances, aménagement du territoire, intercommunalité, programmation d’équipement) (8 BDP)
  • avoir des compétences en politique documentaire et en gestion des fonds par niveaux (4 BDP)
  • savoir définir des indicateurs (mise au point et gestion d’instruments d’évaluation et de statistiques (5 BDP)
  • avoir des compétences en infographie (2 BDP)
  • savoir planifier, gérer son temps (3 BDP)
  • savoir communiquer, conduire un projet (5 BDP)
  • avoir des qualités relationnelles - pour les négociations et relations avec les élus (3 BDP)
  • enfin, il devra avoir de l’imagination, de la patience, de la conviction, un esprit pragmatique, et être un bon médiateur et être polyvalent et spécialisé.

7 - Synthèse générale

I - Les modes de desserte et les collections : On observe un désengagement très net mais plus ou moins progressif du milieu scolaire, ainsi qu’une forte baisse des tournées de bibliobus en général voire disparition des tournées (y compris les prêts directs) (10 BDP), en contradiction avec le maintien de quelques dépôts scolaires (ex : la desserte de CDI de collèges imposées par le conseil général) et un réel développement des bibliothèques relais (11 BDP).

Par ailleurs la période actuelle marque une évolution du principe client/serveur vers l’aménagement culturel du territoire dont témoignent l’établissement d’un plan de développement de la lecture qui se caractérisent par :

  • des plans d’aides aux communes et conventions conseil général/communes
  • une structuration en réseaux de bibliothèques qui viennent choisir leurs documents dans les magasins de la BDP
  • la livraison par les services de la BDP (véhicules légers) (11 BDP).

Les collections se caractérisent par un accroissement et la diversification des supports (CD + vidéos, multimédia) ainsi que le développement des NTIC.

II - Les politiques des Conseils généraux et le développement de l’intercommunalité

Peu de BDP s’expriment sur leurs " rapports " avec leur conseil général. 4 BDP soulignent le manque de soutien de leur conseil général quand 4 d’entre elles voient un intérêt accru de leur conseil général, et des élus, voire une prise de conscience en faveur de l’aménagement culturel du territoire.

Malgré la disparité des départements, l’intercommunalité semble en bonne voie et même si les BDP en sont à des stades divers de l’aménagement du territoire : c’est le chantier en cours.

III - La diversification des activités des BDP,

Dans de nombreux domaines, l’action des BDP est acquise, notons :

  • le développement des formations initiales à la BDP et la mise en œuvre une qualification accrue des équipes des réseaux.
  • le développement de l’animation
  • l’ingénierie : conseil et expertise
  • la création d’un service de navettes réservations d’ouvrages + livraison des prêts aux bibliothèques
  • la mise en place d’outils d’évaluation
  • l’aide à l’informatisation des petites communes.

7 - PROSPECTIVE : LA BDP DE DEMAIN

A - Pour une nouvelle définition des BDP :

La BDP sera

  • de moins en moins une bibliothèque, et de plus en plus " un service départemental de diffusion de produits culturels " :
  • " un outil du département pour ses actions autour du livre et de la lecture ",
  • un prestataire de services pour les communes ,
  • un centre de ressources dirigeant un réseau de lecture publique.

Ses Missions :
La BDP est appelée à jouer de plus en plus le rôle d’une tête de réseau et doit se positionner par rapport à un réseau de médiathèques professionnelles. Elle sera amenée à assurer la coordination de l’action publique en matière de lecture (cf. intercommunalité) aider aux rééquilibrages et à la structuration des bibliothèques sur le département. Ce qui implique la " prise en compte " des communautés de communes ou communautés d’agglomération et le de partenariat avec les BM des communes de plus de 10 000 habitants (seuil remis en question) (pour 5 BDP) à travers un conseil et une expertise accrus auprès des bibliothèques et des communes

II - Les services et le public Ses services :
Ils seront marqués par une importance accrue de la formation et de l’animation (13 BDP) et une offre plus personnalisée pour une meilleure réponse aux usagers et plus diversifiée avec inscription dans la logique d’aménagement du territoire.

La desserte :
De nouveaux modes de desserte et la baisse de la desserte s’inscrivent dans l’avenir des BDP : suppression des bibliobus, abandon du prêt direct et du service public de proximité, développement de services de navettes avec véhicules légers.

Le public :
On va vers un élargissement des publics et la question du non-public est clairement posée (problème qui n’est pas spécifique aux BDP)

L’évolution du personnel et des animateurs des réseaux :
L’enquête montre une nécessaire réorientation des pratiques professionnelles (avec la diversification des services), le recentrage des professionnels de la BDP au cœur de tous les dispositifs nouveaux ; la complémentarité bénévoles /professionnels et le passage du bénévolat à des emplois rémunérés Ceci implique une plus grande professionnalisation du réseau : création de postes pour des structures couplées BM/BDP et repose l’avenir des bénévoles et la requalification des personnels (davantage de compétences)

III - Ultimes questions

1°) Ne faut-il pas remettre le public au centre du dispositif et non le dépositaire ?

2°) Ne faut-il pas trouver un équilibre entre un service de proximité et les services centraux (la BDP) dans le cadre d’ un véritable réseau ?

Les Bibliothèques Départementales de prêt ont-elles un avenir ?

Il existe de grandes disparités entre les départements (à forte densité urbaine ou au contraire restés ruraux). Plusieurs pistes ou expériences actuelles posent question :

  • Ne se dirige-t-on pas vers une disparition de certaines BDP ou vers une fusion de certaines d’entre elles ?
  • Le service serait-il plus cohérent au niveau régional ou à un autre échelon
  • Y aura-il une dissolution des BDP à l’échelon des pays ce qui impliquerait un financement direct des conseils généraux à des médiathèques de pays couvrant les besoins d’une population supra- communale,
  • ou une partie du budget des BDP reversé sous forme d’aide aux acquisitions dans les communes gérées par un système d’emprunts et de retours uniformisés sur une partie du territoire ?

Questions à Didier Guilbaud et à Anne-Marie Bertrand

Christian Rogel

Différentes interventions ont effleuré l’histoire des BDP sur une période de 55 ans. On peut avoir l’impression qu’au cours des années qui précèdent la circulaire Gattégno aucune modification n’est intervenue, ce qui, bien sûr, mérite d’être nuancé. La circulaire Gattégno a eu le mérite de prendre acte de la décentralisation ; elle a eu également le mérite de poser la définition des BDP comme têtes de réseaux ou systèmes d’équilibre, comme cela avait été mentionné dans le Rapport Pingaud-Barreau (Note : Bernard Pingaud, Jean-Claude Barreau, Pour une politique nouvelle du livre et de la lecture : rapport de la commission du livre et de la lecture, Dalloz, 1982.). Deux inflexions antérieures méritent pourtant d’être citées : une politique de la lecture publique a été impulsée dans les années 70 à l’initiative de Georges Pompidou. Elle a débouché sur le choix d’acheter des bibliobus à rayonnages ; cela a eu comme effet à terme de donner une miette de pouvoir à des équipes locales. Dans les années 70, et cela rejoint le propos de Didier Guilbaud concernant la nécessité de remettre le dépositaire au centre du dispositif, des équipes locales ont commencé à se dire qu’il serait bien qu’il y ait une bibliothèque dans leurs villages. Entendant parler de la B.C.P., ils se sont décidés à s’adresser à elle. Voilà donc un moment net d’inflexion vers la conception du dépôt tout public.

L’autre inflexion me semble être la circulaire Groshens de 1978. Je connais au moins une BDP, celle du Finistère, où elle a été mise en application immédiate. La dynamique des BDP s’est donc amorcée dès avant 1982.

Un article de la Ligue de l’enseignement, signé René Fillet, décrivait le système des caisses de bois des B.C.P. et faisait part de la réflexion d’un instituteur selon laquelle chaque année, par ces caisses, tout les élèves devaient avoir été mis en contact avec l’ensemble des littératures de l’humanité. Il existait alors une ambition hautement pédagogique, pour les bibliothèques, ambition qui a marqué les 25 premières années de leur existence.

Joëlle Pinard

Je voudrais confirmer la remarque de Christian Rogel et dire que la décentralisation n’est pas née de rien. Il y avait bien des prémisses, dans les collectivités locales. C’est sans doute par l’action de collectivités " rebelles " que les choses ont avancé. A Grenoble, par exemple, lorsque l’on a envoyé les premiers conservateurs - élèves associés à l’Enssib. pour faire des conservateurs territoriaux et des bibliothécaires territoriaux, c’était contre la loi ; mais cette démarche manifestait un besoin. L’État a su, à un moment donné, analyser la situation dans les collectivités et apporter des réponses.

On peut certes s’inquiéter de la disparité des chiffres mentionnés en fin d’exposé. Je propose une explication : le droit s’est aligné sur des pratiques qui, auparavant, n’étaient pas toujours légales. Il n’y a pas de paradoxe là-dedans, d’autant moins que l’opérateur unique qu’était l’État n’a pas toujours été lui-même très égalitaire. Aujourd’hui, si les écarts sont plutôt moindres entre les 99 opérateurs que sont les départements, peut être faut-il y voir une preuve de l’efficacité supérieure de l’incitation sur la coercition.

Enfin je voudrais remarquer qu’il est toujours difficile au fond de juger de ce qui est bon et de ce qui l’est moins. Il y a des retournements de situations. Un exemple : on analyse très positivement la fin de la desserte scolaire ; aujourd’hui, dans la Drôme, après avoir travaillé à la fin de ce type de desserte (on est passé de 400 dépôts à 150 en deux ans), on retourne à une desserte de proximité après s’être consacré au tout public. J’y vois le signe d’une politique finement localisée.

Autre exemple : les personnes âgées sont généralement considérées avec les personnes en difficultés. Oui, elles sont en difficultés, par exemple dans le Diois-Vercors où elles sont très éloignées de tout et l’on assure donc là un service de proximité. La situation est très différente pour les retraités du micro-climat nyonsais où la desserte se fait par l’intermédiaire de la bibliothèque. Nos actions sont donc elles-mêmes diversifiées en fonction des terrains et des publics. Je comprends donc que l’analyse des politiques et des moyens soit difficile.

Anne-Marie Bertrand

Je voudrais faire une remarque sur la présentation qu’a faite Didier Guilbaud de la bibliothécaire de demain : Maître Jacques et Superman à la fois. Dans les compétences énumérées n’apparaissent pas celles concernant le livre ou le culturel.

Didier Guilbaud

Dans les compétences indiquées, tout ce qui concerne les compétences classiques est implicite. Nous devons rester des bibliothécaires, c’est une évidence. A côté de ces compétences, un certain nombre de compétences doivent être définies et sans doute partagées par une équipe au sein de la BDP ; il s’agit de domaines de politique générale au sein d’un conseil général (conseil, gestion de subventions...) qui ne sont pas de la compétence traditionnelle du métier de bibliothécaire.

Anne-Marie Bertrand

Ma réflexion est à mettre en relation avec un article de Dominique Arot sur les valeurs professionnelles des bibliothécaires(15). Il avait étudié systématiquement des offres d’emploi de direction de B.M. et de BDP Il ressortait comme compétences exigées, des compétences en informatique documentaire, des capacités relationnelles, des capacités de gestion, d’animation d’équipe, un savoir faire administratif... mais rien en matière de culture ou de livre.

Didier Guilbaud

La question de cette compétence est certes posée. On le sait d’autant mieux, à l’A.D.BDP, que certaines collectivités embauchent des attachés ou d’autres types de personnels qui n’ont rien des compétences traditionnelles d’un conservateur de bibliothèque.

Hugues Van Bésien

Une chose va dans ce sens, et il aurait été intéressant de l’étudier dans l’enquête, c’est le positionnement de la BDP dans les organigrammes des conseils généraux. Celles qui émargent encore à la culture ne sont peut-être plus les plus nombreuses. On connaissait une tendance ancienne au rattachement direct au directeur général des services, mais un certain nombre sont au développement ou à l’aménagement du territoire et sont conçues comme des outils d’un tel développement ou aménagement. Une telle conception déplace naturellement les compétences.

Dominique Barbat

Vous avez dit que les BDP seraient à l’avenir de moins en moins des bibliothèques. Ceci n’est-il pas en contradiction avec le fait que les BDP sont amenées à recevoir de plus en plus de bibliothèques dans leurs locaux et sont conduites à développer un service de réservations et de navettes. Comment peuvent-elles faire cela en étant de moins en moins des bibliothèques ?

Didier Guilbaud

Ce qui apparaît, c’est que la diffusion et la desserte sont une action et une mission importantes certes, mais qui s’accomplissent aujourd’hui parmi d’autres (conseil, expertise, gestion, formation...) qui prennent de plus en plus d’importance. C’est dans ce sens qu’il faut entendre que la BDP n’est plus seulement une bibliothèque. Elle moins bibliothèque dans la mesure où elle est moins exclusivement bibliothèque.



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