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La place de la formation à la BDP de l’Aisne

Daniel Le Goff , Directeur de la BDP de l’Aisne

publié le samedi 10 septembre 2005

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Le positionnement de cette intervention en début de journée d’études m’amène à évoquer notre façon de fonctionner non pas dans une logique de présentation d’un modèle (de quel droit ?) mais plutôt pour interroger au-delà du cas concret de l’Aisne les pratiques qui sont les nôtres en BDP, et repérer ainsi des questionnements qui pourraient être utiles dans le cours de la journée.

Je ne doute pas que d’autres moments permettront de creuser les questions que je laisserai volontairement en suspens.

La place de la formation à la BDP de l’Aisne ?

La BDP de l’Aisne fait partie des BDP 1945 et à ce titre, elle a longtemps fonctionné sur mode du mot-clé de l’époque : le " ravitaillement ". Depuis une dizaine d’années seulement la mission de la BDP a été infléchie en prenant en compte bien plus de choses que la simple livraison de documents. La BDP, et j’ai bien conscience d’enfoncer des portes ouvertes, est devenue un centre de ressources, certes en documents, en produits d’animations, mais aussi en formation. Le virage pris de la mis en place de vraies bibliothèques responsables, de plus en plus autonomes, en lieu et place des " dépôts " traditionnels, nous a imposé une montée en charge de nos actions de formation et transformé aussi le métier de bibliothécaire de BDP.

Cela n’a pas toujours été facile car si les missions se sont diversifiées, ce n’est pas forcément le cas des profils des personnels.

Quelle est la place de la formation à la BDP 02 ? Il me semble que la question s’articule sur deux plans :

  1. premier les formations elles-mêmes
  2. deuxieme qui fait quoi et comment ?

I Les formations

3 aspects sont à considérer :

1. la formation de base.

Elle dure chez nous 6 jours, dont une journée de visites de bibliothèques du réseau. Après plusieurs tâtonnements, nous la construisons aujourd’hui sur 3x2 jours répartis sur 15 jours. Depuis 2001, elle est un pré-requis pour toute ouverture de site BDP, et depuis 2002, c’est inscrit dans la convention CG/collectivité qui définit les obligations réciproques de la BDP et de la bibliothèque conventionnée. Ceci nous a amené à imposer -non sans les difficultés que chacun peut comprendre- à plus de 50 bibliothèques niveau 4 ou 5 un passage obligé par la BDP.

Les questions que nous nous posons sont évidemment celles de chacun d’entre nous : la durée, les contenus, l’évaluation et le suivi des stagiaires une fois " rendus " à leur bibliothèque. Il ne suffit pas de former, encore faut-il accompagner le réseau dans la période post-formation.

2. La formation continue.

La BDP de l’Aisne ressemble à bien des BDP, avec un catalogue semestriel de journées de formations, ni plus ni moins pointues que celles des collègues. Des moyens limités (une équipe de 18 personnes) nous font nous restreindre à environ 10/12 stages par semestre, en évitant septembre-octobre et janvier-février qui sont des mois difficiles pour mobiliser le réseau.

Ce catalogue est intitulé " formations et rencontres " pour deux raisons :

  • out d’abord, il a vocation à pallier quelque peu à l’absence d’un magazine de liaison de la BDP que nous n’avons pas les moyens humains de produire. L’éditorial et le signalement d’événemens hors formation stricto-sensu ( lire en fête, village du livre de Merlieux, salons du livre, annonce de la journée annuelle du réseau) relèvent de cette logique .
  • La deuxième raison est que nous souhaitons que la notion purement pédagogique de formation, qui pourrait induire un rapport maître-élève mal vécu soit nuancée par l’autre aspect que nous privilégions dans nos journées : la convivialité, les pauses-café qui font souvent plus pour la connaissance mutuelle des membres du réseau que l’enseignement pur et dur, quelque soit la qualité des interventions. Pour nous la formation passe beaucoup par la rencontre autant entre BDP et réseau qu’entre les bibliothécaires du réseau eux-mêmes.

3. Nous ne sommes pas seuls

La BDP de l’Aisne n’est pas seule, et heureusement, à se poser des questions sur la formation dans la région Picardie. Si nous n’avons pas de CNFPT vraiment sensibilisé à nos problèmes (peut-être est-ce de notre faute), nous avons en particulier une formation ABF dynamique, qui fonctionne sur un mode particulier : en effet, il n’y a pas de " centre " fixe pour les enseignements. Les élèves, et les enseignants se promènent dans toute la Picardie, dans tout type de bibliothèque.

Quelle est la place de la BDP dans le système ? Les 3 BDP fournissent des enseignants, des salles, valident dans le cadre d’une réunion élargie du CA du groupe ABF les candidatures à la formation et si la BDP de l’Aisne est sans doute un peu plus présente du fait que la responsable pédagogique en fait partie et que ses locaux sont adaptés à la passation des oraux (sans oublier le plébiscite pour l’excellent Restaurant de l’Abbaye dans la forêt de Villers-Cotterets à Longpont, où se réunit le jury le soir des oraux). Il faut noter et c’est essentiel dans l’articulation du dispositif de formation régional, que les candidats issus des réseaux BDP doivent avoir tous comme pré-requis d’avoir suivi la formation de base de leur BDP.

Si il n’y pas de raison qu’une BDP, sauf raison de logistique validée par tous, préempte la formation ABF, a contrario, je ne pourrai pas concevoir ma mission de formation du réseau sans impliquer fortement la BDP dans la formation ABF, ceci avec l’accord tacite du Conseil général. Comment pourrait-on faire l’impasse -lorsqu’il existe- sur cet outil, perfectible, certes, mais débouché normal pour 15 à 20 personnes des réseaux des 3 BDP chaque année. Il me semble que la stratégie de l’articulation entre nos formations et le monde extérieur devrait être au coeur de ces journées.

II qui fait quoi et comment ?

Cabinets ou forces internes ?

C’est un peu la question que tout le monde se pose. Pour ce qui nous concerne, nous ne tranchons pas, mais essayons de suivre quelques principes.

  • Tout d’abord, l’affirmation de la nécessité pour l’équipe de se saisir de la question. Cela implique pour nos collègues A et B d’être impliqués collectivement, cela implique aussi une responsabilité de la direction de la BDP à construire un plan de formation à la prise en mai de groupes d’adultes en situation de formation. Venir travailler à la BDP de l’Aisne, pour les assistants ou bibs, c’est accepter l’idée d’avoir à prendre éventuellement en charge des formations. Qu’on se le dise !
  • Il y a des domaines que nous ne sommes pas capables de couvrir comme formateurs, et dans ce cas le recours à un cabinet est évident. En gros, nous assurons 50 % des formations nous-mêmes.
  • La formation de base (6 jours) a, de par son positionnement stratégique dans le développement des bibliothèques, un statut particulier et dans ses objectifs, nous mettons la nécessité en fin de session que les stagiaires aient identifiés l’ensemble de leurs futurs partenaires de la BDP. La formation est donc assurée par les bédépistes, et nous assumons collectivement certaines faiblesses pédagogiques, faiblesses que nous essayons de réduire avec le temps.

Où s’arrête la formation ? quel est son impact sur le terrain ?

Sans tomber dans le " tout est formation ", la formation doit irriguer tous les contacts entre le réseau et les bibliothécaires responsables de secteur qui ont un rôle essentiel dans le suivi des formations sur le terrain. Faire venir quelqu’un en formation initiale si ensuite cette personne n’a pas un traitement personnalisé sur le long terme, c’est perdre 50% de la capitalisation possible des connaissances acquises en formation. C’est là un chantier qui ne va pas de soi, et une des grandes questions qui nous préoccupent : Comment assurer le transfert des compétences entre individus formés et équipe non formée, comment soutenir sans brusquer, quels outils pédagogiques construire pour assurer cette transition. Bien des questions qui restent encore en suspens .

Il est cependant clair, et les chiffres d’évaluation de notre réseau entre 2001 et 2005 le prouvent, que la formation est un des leviers essentiels de montée en charge des bibliothèques, non seulement parce que des outils bibliothéconomiques sont mieux maîtrisés, mais aussi et surtout parce que les bibliothécaires bénévoles ont intégré un discours qu’ils savent utiliser au quotidien dans leur dialogue avec leurs élus. Mais je laisserai bien sûr Françoise Hecquard évoquer cet aspect des choses.



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