sdf Les journées vues - ADBDP
logo
ASSOCIATION DES DIRECTEURS DE BIBLIOTHEQUES DEPARTEMENTALES DE PRET Dernier ajout – 17 juillet 2015.
Accueil du site > Journées d’étude > Autres journées d’étude et de formation > Journées informatiques, juin 2004 > Les journées vues

Les journées vues

par Joëlle Pinard (Drôme)

publié le mercredi 24 août 2005

impression

Ce ne sera ni une synthèse ni une conclusion, simplement une réaction à chaud pour vous livrer de manière personnelle ce qui m’a marqué dans les interventions - une navigation à vue entre la distance du consultant, le nez dans le guidon des bibliothécaires et les rêves des fournisseurs, pour dire les choses rapidement - et qui va m’aider à piloter mon action dès mon retour.
A chacun d’entre vous de faire le même exercice sur le chemin du retour pour digérer tout cela.

De l’intervention de Serge Lestrille (Émergence Sud), dont l’intervention remettait la pratique en perspective, je retiendrai quatre idées clés :

  • l’informatique n’est pas le vecteur du réseau de lecture publique, c’est un outil. Le réseau ce sont les services avant, après. C’est là un message essentiel.
  • du panorama qu’il a dressé, de la typologie aux objectifs, de l’hétérogénéité des intégrations aux compétences à déployer, il ressort que dans tous les cas, on ne fait pas des économies d’échelle mais ça coûtera plus cher pour faire beaucoup mieux. On optimise les moyens et les résultats.
  • le rôle des professionnels (rémunérés ou non) de BM comme de BDP (avec le savoir faire réseau préexistant) est incontournable ; c’est à nous d’être à l’offensive pour faire des propositions aux élus tout en prenant en compte les stratégies territoriales de la collectivité, à nous d’orienter les analyses de besoins, d’anticiper les études, de proposer les outils d’évaluation du service, d’aider les élus à comprendre les enjeux.
  • la lecture publique est un des moyens les plus performants pour structurer un territoire. A nous donc de nous emparer de ce vecteur...

Mais le débat a montré aussi à quel point nous en sommes au commencement et comment dans la diversité des situations, la profession a besoin d’exemples concrets.

Et les exemples concrets sont venus avec nos trois collègues. Tranches de vécu dont on a senti toute l’expérience, l’ ambition, les conflits et les incertitudes.

De leurs interventions, je remarque leur grande implication personnelle dans la réalisation des projets et leur passion, leur analyse des tenants et des aboutissants, avec des données différentes, des histoires différentes mais un souci de réaliser quelque chose qui rende service. L’assurance plus ou moins tranquille de l’un, l’autocritique et l’humour de l’autre, le sérieux et la conscience du troisième ont fait de ces témoignages variés trois points d’ancrage pour les propres réflexions des auditeurs.

Restent quelques grands moments du débat sur la richesse et la pauvreté, "le riche va vers le pauvre, le pauvre vient perturber le riche", "la ville va vers la campagne", la propreté du catalogue, la saleté du même, revendiquée avec autant de panache ; résumons le sous-jacent, le non dit par ce slogan L’intercommunalité lave plus blanc et pour moins cher.

Plus sérieusement, je me suis arrêtée sur les points forts suivants :

Philippe Lutz (médiathèque de la communauté de communes de Sélestat ) nous a dit que la médiathèque était l’outil de communication par excellence de la CC, les tuyaux sont enterrés, les ordures sont un dû, la médiathèque est visible. Elle permet de sonder la conscience des élus sur leur rôle par rapport aux administrés.

Jean Louis Lebret (BDP de la Corrèze) nous a démontré comment mettre de l’huile dans les rouages du portail pour éviter les grincements. Tout le mérite est d’avoir réalisé l’expérience, de la faire vivre et de l’améliorer. Créer une dynamique autour du projet, réaliser un cahier des charges avec les partenaires ; ces conseils ne sont pas tombés dans l’oreille d’une sourde... mais la sourde reste atterrée par la découverte de l’ampleur du problème de 995 $ r dont j’ignorais à ce jour l’existence.

Christophe Peroux (BDP de la Vienne) nous a montré une BDP allant au bout de la prestation de service, à l’heure où tout le monde externalise, l’affaire n’est pas banale. Le souci du réseau, de l’allègement de la charge pour les plus petits, de la prise en charge des responsabilités par le plus fort tout en cherchant à partager la compétence font de cette expérience un modèle qui fera réfléchir chacun d’entre nous.

Intervenants du 3ème type avec une vision futuriste utopique qui nous renvoie à nos propres responsabilités : une vision claire du positionnement de chacun, les vraies questions et choix sont bibliothéconomiques et politiques. C’est l’offre qu’on voudra faire au public qui oriente l’infrastructure, l’organisation et en dernier lieu, les choix informatiques. On a compris que tout était possible, à nous de choisir ce qu’on veut et comment on s’organise.

Le grand bond en avant qui concerne un avenir proche, énoncé par Opsys, démontré par ABsys : le catalogue partagé n’a plus de sens (sauf à y mettre de la plus-value) -j’en conclus qu’on devrait pouvoir se consacrer au public- et la mort annoncée de l’Unimarc remplacé par le XML laisse également planer de beaux jours.

Enfin, la synthèse impossible c’est la richesse des échanges autour d’une choucroute et d’un riesling, c’est l’occasion de réfléchir ensemble dans de bonnes conditions que nous ont offertes le Conseil Général et la Médiathèque départementale du Haut Rhin. Qu’ils en soient remerciés encore une fois et que tous puissent cogiter et repartir la tête pleine.

Dominique Lahary, avec son humour légendaire, a rajouté quelques idées annexes à méditer : qu’on en finisse des errances entre le principe de Lagardère : "si tu ne vas pas au document, le document ira à toi" et le principe du furet : "il court, il court, le document" ; Vivent les fonds flottants, que le document reste où il est rendu ; la main invisible des utilisateurs répartira les fonds et les bibliothécaires rétabliront si nécessaire les équilibrages de manière consciente. Méditons...



Commentez cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Informations éditeur | Espace privé | SPIP