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Synthèse des journées d’étude de Mâcon, 1er et 2 juillet 2003

par Alain Caraco, directeur de la BM de Chambéry

publié le mercredi 24 août 2005

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Introduction

C’est, sauf erreur, la deuxième fois que l’ADBDP consacre une journée d’étude à l’évaluation. La première fois, c’était à Périgueux, en 1990 ; il en avait découlé, directement ou indirectement :

  • la première typologie ADBDP
  • le guide des BDP
  • le nouveau formulaire statistiques de la DLL
  • Evalbib

Il était donc temps de remettre l’ouvrage sur le métier.

Olivier de Brabois, directeur général des services du conseil général de Saône-et-Loire

Olivier de Brabois a commencé par déclarer : "L’évaluation, on en parle beaucoup, on y consacre parfois des crédits et on n’en fait pas tant que cela !". Il a ensuite constaté qu’à la Bibliothèque Départementale de Saône et Loire, on commence à en faire à grande échelle et probablement plus que dans d’autres domaines de l’action publique. Ce qui pose même un problème pour le directeur général et les élus : la Bibliothèque Départementale de Saône et Loire peut argumenter ses demandes !

Didier Guilbaud, président de l’ADBDP

Didier Guilbaud a rappelé la problématique : évaluer la BDP et évaluer le réseau. Il a évoqué le palmarès peu pertinent publié par Livres Hebdo en 2002, qui n’évaluait que la BDP, en s’appuyant sur des critères des années 1970. Evaluer sert à agir et à évoluer.

Annie Dourlent, responsable groupe évaluation de l’ADBDP

Annie Dourlent a rappelé que le groupe évaluation de l’ADBDP tirait son origine d’une enquête, en juillet 2001, "Les BDP connaissent-elles leurs réseau ? ", qui soulevait deux problèmes :

  • peu de retour d’information à la DLL sur les réseaux des BDP
  • terminologie trop fluctuante (antenne, bibliothèque-relais, etc.)

20 BDP participent au groupe, dont 7 très actives. Le groupe souhaite effectuer de l’évaluation qualitative, pour donner du sens. Mais il a vite pris conscience que le recueil régulier de données statistiques de base était le substratum de l’évaluation qualitative.

Annie Dourlent a conclu :

1. On ne peut pas faire de projet de développement sans outil d’analyse ni sans mission données par le politique.
2. L’évaluation, c’est dans le temps et dans l’espace : on se compare à soi, sur la durée, et aux autres.

Les outils d’évaluation

Evalbib

Eric Binet (BDP de Saône-et-Loire) a présenté Evalbib, développé par Alain Caraco.

Avantages

  • Complet et paramétrable
  • Ayant su évoluer et durer
  • Nombreux utilisateurs (on estime que cet outil est utilisé par 15 à 30 BDP)
  • Open source = adaptable par tout utilisateur expérimenté. Ainsi, la BDP d’Ille-et-Vilaine en a fait une version locale, plus facile à utiliser

Inconvénients

  • Demande du savoir faire pour bien l’utiliser
  • Peu sécurisé
  • Développeur bénévole = pas de fournisseur professionnel
  • Gère mal l’historique des données

Base de données

MS Access, assez répandue dans les BDP, mais aux performances limitées

Gebib

Didier Guilbaud (BDP d’Indre-et-Loire) et Victoria Courtois (BDP du Val-d’Oise) ont présenté Gebib, développé par Hassan Rachidi. Avantages

  • Complet et très paramétrable
  • Sécurisé
  • Interface SIGB prévue
  • Développeur professionnel, s’appuyant sur une société

Inconvénients

  • Utilisé seulement par 2 BDP
  • Peu d’antériorité, en cours de finition

Base de données

Oracle, outil réservé aux informaticiens professionnels. Oracle se répand dans les conseils généraux, car c’est la base utilisée par le logiciel financier Grand Angle.

Excel

Véronique Forcet a montré comment la BDP du Rhône utilisait Excel. Avantages

  • Logiciel très répandu
  • Mieux que le papier + crayon + gomme + calculette

Inconvénients

  • Très vite limité (ergonomie, contrôle de la qualité des données)

Bref, c’est surtout une solution de transition entre le tout papier (ou même l’absence d’évaluation) et un vrai outil d’évaluation. Débat sur les outils

Ont principalement été évoquées les questions suivantes :

  • Combien de temps prend la saisie des données ? 5 minutes par questionnaire en moyenne. Cela va plus lentement les deux premières années.
  • Il faut impliquer les bibliothécaires pour vérifier les données.
  • L’intercommunalité mal gérée par les outils informatiques, car mal décrite.
  • L’outil doit-il être dans le SIGB (Orphée) ou en dehors et communiquer avec lui. L’ADBDP doit elle faire naître l’équivalent de la recommandation R995 pour l’exportation des données statistiques ?

Comment valoriser les statistiques et les rendre lisibles ?

Une gamme de documents en Saône-et-Loire

Marie-Christine Pascal a rappelé que la Bibliothèque départementale de Saône-et-Loire était une des plus anciennes à pratiquer l’évaluation : 20 ans d’expérience, dont 10 avec Evalbib. Elle produit plusieurs documents, maintenant en couleurs, en fonction du public destinataire :

  • Rapport d’activité complet (25 pages) = un outil de réflexion pour la BDP et les décideurs.
  • Rapport d’activité en bref (4 pages + une fiche descriptive) détaillée pour chaque bibliothèque du réseau = un outil de discussion pour les bibliothèques du réseau avec leurs élus.
  • Fiche réseau (4 pages) = présentation de 20 ans de développement du réseau, en trois instantanés.

Evalbib permet d’extraire les données, mais les présenter est un travail de communication.

La synthèse départementale des Yvelines : des graphiques avant tout

Françoise Hecquard a présenté un document qui lui a demandé 3 semaines de travail ! Il comprend 8 pages en couleurs, des photos et des comparaisons nationales. Il inclut les BM des communes de toutes tailles. C’est un document fondateur de positionnement de la BDP comme acteur incontournable de l’évaluation des bibliothèques dans le département.

Evalbib 35

Annie Dourlent et Nathalie Fels (BDP d’Ille-et-Vilaine) ont présenté leur adaptation locale d’Evalbib. L’interface d’origine a été remplacée par une autre, plus simple à utiliser, afin d’en faire un outil de management pour mieux impliquer les bibliothécaires. L’export des données vers un SIG a permis la réalisation de cartes, pour mieux convaincre les élus.

A quoi servent les chiffres ?

Didier Guilbaud (BDP d’Indre-et-Loire) a rappelé que les élus avaient de la mémoire : il faut leur faire toucher du doigt les évolutions du réseau. Par exemple, leur montrer que le passage du prêt direct à une bibliothèque a fait passer le pourcentage d’utilisateurs de 2% à 25%

Les chiffres sont également utiles pour les relations avec les BM de communes de plus de 10 000 habitants, notamment dans le cadre de l’intercommunalité. mais il faut souvent faire preuve de diplomatie.

L’assemblée a convenu que la barre de 10 000 habitants et le "P" de "BDP" n’ont plus de sens aujourd’hui.

Joëlle Pinard (BDP de la Drôme) a fait remarquer qu’il fallait avoir une base de chiffres, mais qu’il ne fallait extraire et présenter que ceux nécessaires aux besoins d’arguments du moment.

On a donc pu paraphraser le géographe Yves Lacoste : "La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ! " et déclarer : "Les statistiques, ça sert d’abord à convaincre !"

La réforme des statistiques DLL

Martine Blanchard, chef du bureau des bibliothèques territoriales à la DLL, mais aussi ancienne présidente de l’ADBDP, a exposé son objectif : avoir une couverture statistique nationale de la lecture publique, sans lacune ni doublon. Elle a rappelé les obligations du contrôle technique, grâce auquel la DLL dispose d’un historique depuis plus de 20 ans.

Les BDP sont en net progrès pour la connaissance de leur réseau. Ainsi en 2001, 70 BDP connaissaient les inscrits et les prêts de leur réseau et 20 savaient répondre à toutes les questions sur leur réseau, contre moins de 5 il y a 10 ans. On aura remarqué, pendant ces journées d’étude, l’aisance des collègues à manier l’ordinateur portable et le vidéoprojecteur.

Martine Blanchard a rappelé les critères actuels qui servent à définir quels rapports de bibliothèques seront exploités par la DLL : il suffit d’employer un demi poste de catégorie C ou d’ouvrir 6 heures par semaine et de dépenser 900 euros pour acquérir des documents. Il en résulte une base très hétérogène.

De nouveaux critères, proposés par l’ADBDP, ont été adoptés par la DLL. Ils tiennent compte des quatre éléments indispensables à l’existence d’une bibliothèque digne de ce nom :

  • des crédits suffisants pour l’acquisition et le renouvellement des collections
  • du personnel qualifié
  • des horaires d’ouvertures suffisamment larges
  • un local réservé d’une surface minimale

Quelques difficultés d’interprétation persistent encore et certaines BDP craignent que ces nouveaux critères fassent apparaître leur réseau sous un jour moins favorable.

Le questionnaire DLL actuel, établi à l’époque où Bertrand Calenge (encore un ancien président de l’ADBDP) était chef du département des bibliothèques, avait besoin d’être refondu, pour tenir compte de l’évolution des activités et des réseaux.

Il a été admis que les BDP devraient renoncer à envoyer un questionnaire spécifique aux bibliothèques de niveau 1 et 2 et utiliser celui de la DLL. La DLL devra fournir aux un formulaire de base, à personnaliser le cas échéant, pour recueillir les données des bibliothèques de niveau 3, points lecture et dépôts.

Le problème de la place de la BDP (et de la DRAC) dans le retour de l’information à la DLL n’est toujours pas résolu. Faut-il que, sur le modèle des archives départementales, l’Etat transfère aux BDP ses compétences en matière d’évaluation ? Ce transfert de charges sera t-il accompagné d’un transfert de moyens ?

Quant à l’évaluation de l’intercommunalité, c’est encore bien compliqué, d’où la prochaine enquête commune réalisée par l’ADBDP et l’ADBGV. Et si on évaluait l’activité des BDP ?

Nathalie Clerc (BDP de l’Indre), Annie Dourlent (BDP d’Ille-et-Vilaine), Françoise Hecquard (BDP des Yvelines), Sylviane Lachaune (BDP d’Indre-et-Loire) et Marie-Christine Pascal (BDP de Saône-et-Loire) ont présenté l’enquête sur les activités des BDP.

Cette enquête, dont les résultat seront publiés dans Transversales, montre la diversité des actions : conseil, formation, animation, communication, aides et subventions, évaluation. Marie-Christine Pascal a ainsi pu dire que "Le prêt n’est plus que la partie apparente de l’iceberg ". Mais il prend encore beaucoup de temps, qu’on sait mal compter. Le bibliobus n’a plus le monopole de la circulation des collections : accueil sur place, réservations, navettes.

Attention à bien interpréter les pratiques actuelles. L’usage de caisses pour effectuer des dépôts peut être le vestige d’une pratique archaïque ou résulter d’un choix de desserte, faisant suite à la suppression volontaire du bibliobus. De même, l’absence de plaquette de présentation du service peut témoigner d’un manque de prise de conscience de la nécessité de communiquer ou d’une politique de communication utilisant principalement l’internet !

Faut-il conserver l’appellation "Bibliothèque Départementale de Prêt" (BDP), puisque le prêt n’est plus la vocation principale de ces établissements ? Les Québécois ont renommé les leurs "Centres Régionaux de Service aux Bibliothèques Publiques" (CRSBP) il y a une dizaine d’années. A leur imitation, verrons-nous bientôt des "Centres Départementaux de Service aux Bibliothèques Publiques" (CDSBP), ou encore des Directions Départementales des Bibliothèques et de la Lecture (DDBL) ?

Et si on continuait ?

Malheureusement, nous sommes restés sur notre faim, faute de temps pour ce dernier débat. Le conseil d’administration va très certainement commencer à traiter la question. Quel avenir pour Evalbib et Gebib ? Peut-on aboutir à un produit reprenant les avantages des deux, indépendant de la base de données utilisée, et facilement portable sur le web ? De même, quel avenir pour le "Guide des BDP " et les informations statistiques sur les BDP présentées sur le site de l’ADBDP ?

Mais, sans trahir personne, on peut penser que chaque participant est retourné dans sa BDP en se disant : "on va continuer !".

Alain Caraco
Président de l’ADBGV
Directeur des BM de Chambéry
Ancien vice-président de l’ADBDP



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