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ASSOCIATION DES DIRECTEURS DE BIBLIOTHEQUES DEPARTEMENTALES DE PRET Dernier ajout – 17 juillet 2015.
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Droit de prêt. 288 auteurs…

Communiqué de l’ADBDP (avril 2000)

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Droit de prêt. 288 auteurs…

288 auteurs, et non des moindres, ont finalement signé la lettre-pétition, présentée par le SNE, la SGDL et Sofia et déposée sur le bureau de Mme Tasca.

288, c’est peu : moins de 10% des auteurs, et parmi ceux-là quelques- uns semblent déjà le regretter et ne pas avoir mesuré la portée de cette pétition.

On se désole bien sûr d’y trouver certains noms : des auteurs que l’on aime, que l’on a invités dans sa bibliothèque pour rencontrer les lecteurs, et dédicacer leurs ouvrages (vendus avec la complicité du libraire local)…On s’étonne de voir apparaître par exemple : Azouz Begag, qui dans son livre " Les voleurs d’écritures " raconte comment des enfants d’une banlieue défavorisée s’introduisent dans une bibliothèque publique pour voler la caisse et découvrent que le vrai trésor est dans les livres (à la fin, le héros va d’ailleurs dans une librairie acheter l’ouvrage qu’il a découvert à la bibliothèque ! ) ou Alice Ferney, qui dans " Grâce et dénuement " décrit avec tant de poésie et de délicatesse le lent apprentissage des mots par des enfants gitans, grâce à une bibliothécaire, venant faire la lecture dans leur terrain vague… veulent-ils vraiment interdire le prêt de leurs livres en bibliothèque, si les lecteurs ne payent pas un droit à chaque emprunt ?

On a du mal à le croire , et on peut regretter cette surenchère d’altercations entre auteurs et acteurs du livre dans la presse nationale. A croire que le livre et la lecture ne suscitent de débats nationaux , relayés dans les medias, que pour mettre en scène la polémique et compter les phrases assassines, le livre mérite mieux.

Prenons donc cette liste pour ce qu’elle nous semble être : une tentative provocatrice et médiatisée pour faire avancer le dossier, et tentons de dépasser ce climat passionnel pour reprendre les discussions, engagées par le Ministère de la Culture, et au point mort depuis un an. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler où nous en étions restés l’an dernier (réunion du 29 avril 1999) . Des points de convergence entre tous les acteurs du livre : éditeurs, auteurs, libraires, bibliothécaires se dessinaient :

  • une juste rémunération des auteurs était reconnue par tous,
  • le droit de prêt n’était plus contesté
  • un paiement à l’acte d’emprunt n’était plus envisagé,
  • on s’orientait vers une somme forfaitaire, calculée soit sur les prêts, le nombre de lecteurs, ou les acquisitions la perception et la répartition des droits seraient effectuées par un organisme de gestion collective.

Subsistaient des désaccords sur 3 questions essentielles : qui doit payer ? combien ? comment ? Des pistes de réflexion avaient été avancées, des scénarii étudiés. Il restait encore de nombreux points à débattre, notamment avec les représentants des collectivités, qui n’avaient pas été consultés.

La récente offensive faisant voler en éclat les points de convergence montre qu’à ne rien faire et ne rien décider, on ne fait qu’envenimer un débat toujours prompt à s’enflammer.

Il va bien falloir sortir de cette impasse et trouver des solutions qui garantissent le droit des auteurs, la solidarité des acteurs du livre, tout en réaffirmant le rôle éminent de service public des bibliothèques. C’est ce que l’on peut attendre d’un Ministère de la Culture, porteur d’une politique ambitieuse du livre et de la lecture.

La présidente de l’ADBDP

Martine Blanchard



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